Sécurité

Tunisie : le limogeage du chef de la sûreté, signe des tensions entre la primature et l’Intérieur

Le Premier ministre tunisien, Youssef Chehd, le 10 janvier 2018 à El Battan, devant un commissariat incendié lors des émeutes du début d'année. © Hatem Ben Amor/AP/SIPA

Le limogeage du directeur de la sûreté publique par le Premier ministre est le dernier signe en date des tensions qui montent entre le Premier ministre et son ministre de l'Intérieur. Une crispation qui intervient alors que le gouvernement de Youssef Chahed traverse une zone de turbulences.

Protestant contre l’arrestation de trois de leurs collègues accusés de torture contre un détenu, des agents des forces de sécurité ont investi, le 26 février 2018, le tribunal de première instance de Ben Arous. Dans une grande confusion, cet incident – condamné par la classe politique et le corps des magistrats – a eu pour conséquence le limogeage par le Chef du gouvernement Youssef Chahed, de Taoufik Debbabi, directeur de la sûreté publique, vendredi 2 mars, et son remplacement par Rached Bettaïeb.

Dissensions

Une situation révélatrice des dissensions entre la Kabsah et le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, puisque c’était à lui qu’il revenait de décider de démettre son subordonné. Selon des sources proches du gouvernement, Youssef Chahed aurait été extrêmement irrité que Lotfi Brahem ait été reçu par le roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, le 28 février,  à l’occasion d’une visite officielle à Ryad où il devait échanger avec ses homologues saoudiens.


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Cette rencontre, qui n’était pas inscrite officiellement à l’agenda de cette mission, a également déplu du côté d’Ennahda. Plusieurs cadre du parti islamiste réclament d’ailleurs son départ depuis plusieurs semaines.

Mauvaise posture

Mais Lotfi Brahem, dont le département obtient d’excellents résultats en matière de maintien de la sécurité et lutte contre le terrorisme, est aussi parmi les ministres régaliens, soutenus le président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Résultat, le chef du gouvernement s’est mis en mauvaise posture à un moment où le rendement et les résultats de son équipe sont dénoncés par les centrales patronales et syndicales, instances nationales clé que tout oppose mais qui s’accordent à réclamer un remaniement ministériel.

Elles ne sont pas les seules : les Tunisiens s’inquiètent des caisses de l’État vides, des mauvais indicateurs économiques et financiers – dont une inflation qui se maintiendra au-dessus des 7 % sur 2018 comme annoncé le 8 mars par le nouveau gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi.

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