Politique

« Primaturegate » en RDC : démission du directeur de cabinet de Tshibala après l’imbroglio autour du nombre de conseillers

Bruno Tshibala, Premier ministre de la République démocratique du Congo, à la primature, à Kinshasa, le 9 juin 2017. © John Wessels/JA

Michel Nsomue Nsomue, le directeur de cabinet du Premier ministre Bruno Tshibala, a présenté sa démission ce jeudi. Une décision qui fait suite à leur désaccord concernant le nombre de conseillers de ce bureau, dont Bruno Tshibala a démenti quelques instants plus tôt dans Jeune Afrique les déclarations de son désormais ex-directeur.

« Michel Nsomue Nsomue a présenté sa démission sur instruction du Premier ministre », confirme ce jeudi 8 mars le conseiller technique spécial Patrick Mutombo. Une annonce qui intervient peu après les déclarations de Bruno Tshibala dans Jeune Afrique, où le Premier ministre estime que son directeur de cabinet a « craqué ».

La veille, Michel Nsomue Nsomue avait déclaré à la radio Top Congo que le cabinet de la Primature comptait environ 800 membres, en précisant que « ces gens-là ont été nommés par le Premier ministre ». « L’ensemble du personnel de mon cabinet compte quelque 300 membres, dont environ 80 conseillers », lui a ainsi rétorqué Bruno Tshibala.  

Insinuations de détournement

Dans son interview à Top Congo, Michel Nsomue Nsomue juge que l’hyperinflation de son cabinet est à l’origine des difficultés de la Primature à rémunérer l’ensemble du personnel. Deux jours plus tôt, lundi 5 mars, certains conseillers et chargés d’études s’étaient plaints de ne pas avoir été payés depuis plus de cinq mois, insinuant que le directeur de cabinet aurait lui-même détourné de l’argent.

En interne, certains s’interrogent sur la source des présumées acquisitions de Michel Nsomue Nsomue, à hauteur de 1 million de dollars

Dans un document signé par 16 personnes, mais dont les noms n’apparaissent nulle part, ces derniers s’interrogent sur « la source des présumées acquisitions [de Michel Nsomue Nsomue, ndlr], à hauteur de 1 million de dollars de deux appartements aux immeubles CTS, pendant que des familles entières de vos collaborateurs souffrent pour nouer les deux bouts du mois ».

Un patrimoine immobilier formellement nié par l’intéressé, qui a déclaré sur Top Congo « vivre modestement dans la seule maison que j’ai construite depuis 25 ans à la sueur de mon front ».

Une série d’incidents

Le directeur de cabinet s’est également exprimé sur l’altercation, qui a fait trembler lundi les murs de la Primature. Celle-ci faisait intervenir Harmed Kili Baka, gendre du Premier ministre et conseiller technique en charge des PME et des PMI, qui aurait laissé éclater sa colère après le refus du directeur de cabinet de lui signer un ordre de mission et de lui accorder une audience.

Selon le récit livré par Michel Nsomue Nsomue, le conseiller « abusait de son ordre de mission pour spolier le trésor public ». Face au tollé suscité par la vidéo, Harmed Kili Baka a été suspendu de ses fonctions le lendemain par le directeur de cabinet. Un incident qualifié de « mineur » par le Premier ministre, qui a déploré la « brutalité » des services de sécurité pour faire sortir son gendre.

Altercation dans les couloirs, accusations de détournement, nombre ahurissant de conseillers… L’épisode désastreux du « Primaturegate » se solde ce jeudi par la démission de Michel Nsomue Nsomue, dont l’intérim sera assuré par le directeur de cabinet adjoint Jean Félix Kamanda.

Contacté par Jeune Afrique, Michel Nsomue Nsomue s’est refusé à tout commentaire.

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