Politique

Législatives au Gabon : des proches de Jean Ping ont rencontré le ministre de l’Intérieur

L'opposant Jean Ping lors d'une conférence de presse à Bruxelles en avril 2009. © Thierry Charlier/AP/SIPA

Pour la première fois depuis l'élection contestée de 2016, des proches de la coalition de Jean Ping, qui se considère toujours comme « président élu » du Gabon, ont participé à une réunion avec le ministre de l'Intérieur Lambert-Noël Matha en vue des législatives prévues pour avril.

Alors que la Coalition pour la nouvelle république (CNR) s’illustre depuis plusieurs semaines par ses divisions internes, plusieurs poids lourd de l’opposition, proches de Jean Ping, se sont entretenus avec Lambert-Noël Matha, ministre gabonais de l’Intérieur. Le président du parti d’opposition Union nationale (UN), Zacharie Myboto, le secrétaire général du parti Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), Michel Menga, ainsi que le président des Démocrates, Guy Nzouba-Ndama ont participé à cette réunion.

« Réunion opérationnelle »

« Nous avons été invités à cette réunion opérationnelle pour échanger sur les ordonnances adoptées en conseil des ministres et pour parler des élections », résume Guy Nzouba-Ndama.

C’est la première fois qu’une telle rencontre s’organise depuis le scrutin contestée de 2016.  L’UN, le RHM et les Démocrates sont des formations importantes faisant partie de la coalition constituée autour de Jean Ping. Ces partis ont affiché leur souhait de participer aux élections législatives prévues avant fin avril mais la coalition peine à parler d’une seule voix sur le sujet et le silence de Jean Ping se fait de plus en plus pesant.

« Ce qui est évident aujourd’hui, c’est que les membres de la CNR ont du mal à s’entendre sur la stratégie », concédait il y a quelques semaines Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de la CNR.

L’ancien candidat à la présidentielle de 2016, sous pression d’une partie de ses affidés, est face à un dilemme : « Si Ping n’y va pas [aux élections], l’opposition va se fissurer, car les visages de ceux qui veulent du pouvoir vont se révéler. Et comment peut-il y aller, alors que ce sont les mêmes institutions qui ont validé l’élection de 2016 ? », expose le politologue Wilson-André Ndombet, enseignant à l’Université Omar Bongo de Libreville.

Vers un troisième report ?

Le Gabon, qui a adopté début janvier une nouvelle Constitution, se prépare à des élections législatives avant fin avril. Prévues initialement en décembre 2016, elles ont été reportées deux fois. Un troisième report est aujourd’hui envisageable, si l’on en croit les échos de ce rendez-vous.

En effet, la date du scrutin doit être fixée par le Centre gabonais des élections (CGE), nouvelle institution qui n’est pas encore mise en place mais qui doit prendre en charge l’organisation de l’élection. Son président doit être nommé par un collège de dix personnes, cinq désignées au sein de l’opposition, cinq au sein de la majorité. Vice-président, rapporteurs seront ensuite choisis.

« C’est beaucoup de travail en très peu de temps », reconnaît à Jeune Afrique Guy Nzouba-Ndama, qui n’écarte pas l’éventualité d’un nouveau report. « Nous souhaitons avant tout que les législatives se déroulent dans les meilleures conditions, même si cela prend plus de temps que prévu à se mettre en place », conclu-t-il.

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