Racisme

« Bande de filles » : des Lolita qui se rêvent en Lupita

Ces quatre comédiennes en herbe crèvent l'écran. © PROD

Elles jouent dans "Bande de filles" de la Française Céline Sciamma, présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs.

Il y a quelques mois, elles n’avaient jamais approché une caméra. Les voici propulsées sur le devant de la scène cinématographique mondiale. À 18 ans, Karidja Touré et trois autres jeunes Françaises d’origine africaine – Assa Sylla, Lindsay Karamoh et Mariétou Touré – ont fait sensation au Festival de Cannes avec Bande de filles, projeté le 15 mai en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. Le soir même, les quatre adolescentes rejoignaient le plateau du Grand Journal de Canal+ où se pressent d’ordinaire les stars.

Bande de filles, signé Céline Sciamma (auteur du remarqué Tomboy), raconte l’itinéraire de Marieme, alias Vic. Dans une banlieue difficile, cette jeune fille soumise à un frère violent entre en rébellion contre toutes les formes d’autorité, aidée de trois copines à son image. À l’origine de cette révolte ? Un affront du système scolaire, lorsqu’on tente de la contraindre à passer un certificat d’aptitude professionnelle dont elle ne veut pas. Du vécu pour Karidja Touré, qui incarne Marieme à l’écran. "Quand on est en 3e, on a l’impression que les profs veulent tous que les Arabes et les Noirs aillent dans une filière professionnelle", témoigne-t-elle dans le journal Le Monde. Elle n’a pourtant pas, en réalité, tout à fait le même parcours que son personnage. Née de parents ivoiriens installés en France, elle a grandi dans un logement social du, plutôt bourgeois, 15e arrondissement de Paris.

Casting sauvage

Attirée par le cinéma, cette jeune fille était loin de penser que la France lui ferait un jour une place à l’écran. Et pourtant. Confrontée à la pénurie de jeunes actrices noires, l’équipe du film tente un "casting sauvage" à la Foire du trône, entre autres. Coup de chance pour Karidja. C’est là qu’elle est repérée. Depuis, elle vit un conte de fées, comme il s’en produit parfois à Cannes. On pense bien sûr à Adèle Exarchopoulos, héroïne de La Vie d’Adèle, du Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche, Palme d’or 2013. Mais l’idole de Karidja Touré est plutôt la Kényane Lupita Nyong’o, qui connaît une ascension fulgurante depuis son oscar pour Twelve Years a Slave.

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