Politique

Libye : le général dissident Haftar monte en puissance, les législatives fixées en juin

| Par Jeune Afrique
Le général libyen Khalifa Haftar durant une conférence de presse à Abyar, le 17 mai.

Le général libyen Khalifa Haftar durant une conférence de presse à Abyar, le 17 mai. © AFP

Après avoir lancé une offensive contre les milices islamistes de Benghazi, le général Khalifa Haftar a reçu de nouveaux soutiens. De son côté, le Parlement tente de désamorcer la crise en fixant les législatives au 25 juin, tout en préparant un gouvernement d’union nationale.

Ses opposants l’accusent d’avoir reçu des soutiens de l’extérieur, en particulier de l’Égypte. Le général à la retraite Khalifa Haftar, qui a lancé vendredi dernier une offensive contre les milices islamistes de Benghazi telles Ansar Asharia, n’hésitant pas à utiliser des Mig, a reçu de nouveaux soutiens lundi 19 et mardi 20 mai. Les Forces spéciales de cette ville, une unité d’élite de l’armée régulière, des officiers de la base aérienne de Tobrouk (est), mais aussi la puissante tribu de l’est libyen, Al-Baraassa, ainsi que plusieurs brigades de la police et de l’armée, en particulier dans l’est du pays, ont annoncé leur ralliement à l’opération Dignité. Accusé par Tripoli de coup d’État, l’ancien général s’en est défendu, démentant vouloir prendre le pouvoir, et affirmant ne faire que répondre "à la demande de la population de combattre le terrorisme", alors que les attentats islamistes se sont, de fait, multipliés à Benghazi ces derniers mois.

Le Congrès général national, attaqué une nouvelle fois dimanche par les puissantes milices anti-islamistes de la région de Zenten (ouest), qui réclament la dissolution, est dans une situation très précaire alors que le pays sombre dans le chaos. Contesté pour avoir décidé de prolonger jusqu’en décembre 2014 son mandat arrivé à expiration en février, il s’est réuni mardi dans un luxueux hôtel de la capitale, mais n’a pas réagi à une initiative du gouvernement qui, pour sortir de la crise, a proposé lundi sa "mise en congé".

Vers un gouvernement d’union nationale ?

Trente-six députés du courant libéral ont toutefois approuvé unilatéralement cette proposition dans un communiqué. Le CGN a ensuite reporté à dimanche un vote de confiance au cabinet présenté par Ahmed Miitig qui avait été élu à l’issue d’un vote chaotique et controversé début mai. Celui-ci a réclamé plus de temps pour pouvoir présenter un gouvernement d’union nationale afin de sortir le pays de la crise actuelle.

En perspective : l’organisation de l’élection d’un nouveau Parlement, fixée par la Commission électorale au 25 juin. L’offensive de Haftar est quant à elle suspendue le temps de réorganiser les troupes, selon lui. Face à lui, le groupe jihadiste Ansar Asharia, basé à Benghazi et classé organisation "terroriste" par les Etats-Unis, a averti qu’il riposterait à toute nouvelle attaque du général Haftar. "La confrontation est désormais inévitable pour défendre notre ville et notre terre", a-t-il dit dans un communiqué.

Les milices de Misrata prennent leurs distances avec Haftar

D’autres milices islamistes loyales au CGN, comme la Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye, ont aussi déclaré leur hostilité à Haftar, dénonçant "un coup d’État". Par ailleurs, les puissants groupes armés de Misrata, farouches rivaux des Zentanis, ont indiqué mardi dans un communiqué qu’ils prenaient leurs distances par rapport aux protagonistes de la crise, tout en appelant au dialogue.

"Nous ne faisons partie d’aucun conflit politique ou armé à Tripoli", ont-ils indiqué atténuant les craintes du déclenchement d’un conflit armé à Tripoli entre les Zentanis et les Misratis, sur fond de lutte d’influence.

Enfin, les États-Unis, soupçonnés d’avoir apporté leur aide à haftar, ont pris leurs distances avec ce dernier, tout en anticipant le pire. "Nous n’approuvons, ni ne soutenons [ses] actions sur le terrain. Nous n’avons pas non plus apporté d’assistance à ces actions", a précisé la porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki. "Nous continuons d’appeler toutes les parties à s’abstenir de tout recours à la violence et à chercher une solution par des voies pacifiques", a-t-elle poursuivi.

Le Pentagone a toutefois dépêché sur la base de Sigonella (Sicile) une cinquantaine de Marines supplémentaires, ainsi que trois avions hybrides Osprey depuis celle de Moron (Espagne) où ils sont stationnés. "En ce moment, il y a 250 Marines en Sicile, 7 Ospreys et trois (avions ravitailleurs) KC-130", a déclaré le porte-parole, selon qui il s’agit d’une mesure de précaution au cas où une évacuation de son ambassade à Tripoli devrait être conduite, en cas d’aggravation de la situation en Libye.

(Avec AFP)

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