Politique

France : large victoire du Front national aux élections européennes

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Mis à jour le 26 mai 2014 à 09:52

Le Front national (FN) a fait un score historique aux élections européennes, dimanche, en obtenant 25,4 % des voix. Il arrive largement en tête devant l’UMP (opposition) et les socialistes (au pouvoir), qui subissent une nouvelle déroute.

C’est une nouvelle débâcle pour les principaux partis républicains français. L’extrême droite s’est imposée au scrutin européen, malgré une abstention notable (autour de 57%), comme la première force politique en France et a mis fin au bipartisme. Pour ce "21 avril européen", le parti de Marine Le Pen décrocherait 23 à 25 sièges sur les 74 accordés à la France, un des pays fondateurs de l’UE.

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Un résultat qui sanctionne l’UMP (droite) qui entendait pourtant conforter son statut de première opposante en sortant première des urnes. Or elle a été nettement devancée avec 20,8% des voix, selon ces résultats quasi-définitifs communiqués par le ministère de l’Intérieur et portant sur 42 millions d’inscrits sur 46.

Pour le Parti socialiste (PS), au pouvoir, c’est une véritable correction en s’acheminant vers le pire résultat à un scrutin européen après les 14,5% de 1994 (moins de 14%).

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s’est dit "inquiet" de la victoire du FN. Interrogé pour savoir s’il s’agissait d’un "parti raciste", il a répondu: "Oui, et je pense que nous devrions être inquiets face à de tels développements dans le reste de l’Europe".

Pour Valls, "c’est un séisme"

Le Premier ministre français, Manuel Valls, s’est exprimé quelques instants après la publication des résultats. "C’est un choc, un séisme", "un moment grave pour la France et pour l’Europe", a-t-il souligné.

Pour Laurent Fabius, le numéro 2 du gouvernement, "c’est plus qu’un avertissement, c’est un séisme", alors que la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a qualifié ce résultat de "choc à l’échelle du monde".

Le ton est le même au centre, "c’est une tragédie démocratique", a déclaré Rama Yade, vice-présidente de l’UDI. "Une décomposition de la vie politique française", a jugé le président du MoDem, François Bayrou. "La France est entrée en éruption volcanique", a affirmé pour sa part Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche. "Si on ne change pas, on est assuré d’un désastre", a-t-il estimé.

À l’issue d’un scrutin souvent considéré en France comme un "vote défouloir", le FN devrait quadrupler son score des européennes de 2009, où il avait recueilli 6,34% des voix et gagné trois sièges au Parlement européen. Il glanerait cette fois entre 22 et 25 sièges.

Marine Le Pen demande des "nouvelles élections"

La présidente du Front national, Marine Le Pen, n’a pas manqué d’interpeller le chef de l’État François Hollande en réclamant "des nouvelles élections". "Que peut-il faire à part en revenir précisément au peuple, mettre en place la proportionnelle pour que chaque Français soit représenté" à l’Assemblée nationale, a-t-elle demandé,  le FN n’ayant aujourd’hui que deux députés.

Le Premier ministre a toutefois répliqué en annonçant qu’il entendait poursuivre la politique engagée par son gouvernement, notamment la réduction des déficits et son plan d’économies. "Nous devons faire preuve de courage car la France doit se réformer", a-t-il dit, égrénant les mesures prises ou annoncées pour relancer la croissance.

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(Avec AFP)