Sécurité

Cameroun : Ekok, la ville que l’armée ne voulait pas laisser aux sécessionnistes

Un soldat camerounais à la frontière avec le Nigeria, en février 2015 (illustration). © Edwin Kindzeka Moki/AP/SIPA

Ekok pourrait être un poste-frontière parmi tant d’autres entre le Nigeria et le Cameroun. Pourtant, la ville est au centre des combats entre les sécessionnistes et l’armée camerounaise, qui veut à tout prix éviter qu’elle ne devienne une base sécessionniste.

Le lundi 19 février dernier, le secrétariat à la défense (SED) a été clair : dans un message radio-porté aux autorités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, il demandait aux troupes du Bataillon d’intervention rapide (BIR) de maintenir une surveillance et une alerte maximale sur la zone d’Ekok, située dans le département du Manyu et la région du Sud-Ouest, à la frontière avec le Nigeria.

« Renseignements dignes de foi font état XX volonté conquête localité Ekok par sécessionnistes XX afin y installer leur base », écrit en majuscules le SED dans son message. Il recommande de maintenir la surveillance sur les ouvrages d’arts, et notamment le pont sur l’Abonando, fleuve qui matérialise la frontière entre le Cameroun et le Nigeria.

Le SED s’inquiète en outre de possibles attaques sur les « structures bancaires » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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Les bâtiments publics ciblés

Depuis plusieurs semaines, Ekok est au centre des attentions du BIR. Une quinzaine de combattants sécessionnistes y ont été arrêtés fin janvier et plusieurs attaques ont été repoussées, dont une d’envergure le 25 janvier dernier. Le poste de gendarmerie de la ville avait alors été attaqué et plusieurs bâtiments publics saccagés.


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Les éléments du BIR en poste à Eyumojock, à une trentaine de minutes d’Ekok, avaient été appelés en renfort et un de leurs véhicules avait sauté sur un engin explosif improvisé, faisant trois blessés, soignés à Douala. D’autres renforts ont été mobilisés, en provenance de Bisson-Abang et Bachouo.

Mais la tension n’est guère retombée, alors que les sécessionnistes ambazoniens, notamment le groupe de combattants « Tigers », auraient fait de la ville un objectif.

Entraînement en forêt

Les « Tigers » font partie des quelques groupes armés se battant pour l’indépendance de l’Ambazonie. Il comprendrait quelques dizaines de combattants, qui ont pour projet de lancer des attaques régulières sur le Cameroun, depuis le Nigeria. Le BIR a d’ailleurs traversé à plusieurs reprises la frontière afin de les pourchasser.

Mais les « Tigers » restent difficiles à appréhender dans cette zone forestière également fréquentée par de nombreux réfugiés. Quelques dizaines de combattants ambazoniens y tiendraient des camps d’entraînement.

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