Politique

Zimbabwe : décès de Morgan Tsvangirai, opposant historique de Robert Mugabe

Morgan Tsvangirai, à Harare le mardi 21 novembre, lors d'un meeting avant le débat au Parlement. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

À quelques mois de l'élection présidentielle, le chef du principal parti d'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, adversaire historique du régime de l'ex-président Robert Mugabe, est décédé d'un cancer ce mercredi à l'âge de 65 ans, laissant derrière lui un parti en proie à des dissidences.

« C’est avec tristesse que j’annonce que nous avons perdu notre icône et notre combattant pour la démocratie », a annoncé ce mercredi 14 février Elias Mudzuri, l’un des vice-présidents du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti de Morgan Tsvangirai.

« Nos pensées et prières vont à sa famille, au parti et à la nation », a-t-il ajouté sur son compte Twitter. Morgan Tsvangirai est décédé ce mercredi dans un hôpital de Johannesburg, où il était soigné. Il y a deux ans,  Tsvangirai avait révélé qu’il souffrait d’un cancer du côlon, pour lequel il effectuait de nombreux séjours médicaux dans des hôpitaux sud-africains.

On se souviendra de Tsvangirai comme l’un des plus grands patriotes du Zimbabwe

Le parti au pouvoir au Zimbabwe, le Zanu-PF, a immédiatement fait part de ses condoléances. « Très triste en effet. Nous sommes vraiment désolés », a réagi Simon Moyo, le porte-parole du parti.

De nombreux hommages

« On se souviendra de Tsvangirai comme l’un des plus grands patriotes du Zimbabwe », a réagi mercredi David Coltart, l’un de membres fondateurs du MDC.

« Si, comme nous tous, il a commis des erreurs, aucun d’entre nous n’a jamais douté de son engagement à transformer le Zimbabwe pour en faire un État moderne, démocratique et tolérant. Si quiconque mérite d’être appelé un héros, c’est MT [pour Morgan Tsvangirai, ndlr]», a-t-il ajouté.

« Merci d’avoir montré la voie dans la lutte pour la démocratie », a aussi tweeté la parlementaire indépendante Fadzai Mahere. « Repose en paix. »

Opposant historique

Opposant de longue date à Robert Mugabe, le leader du MDC a payé cher son engagement. Détenu à plusieurs reprises, il a été victime de la brutalité des forces de sécurité. En 2007, il était apparu le visage tuméfié après son arrestation pour avoir tenté d’organiser un meeting à Harare.

L’année suivante, son rêve d’accéder enfin au pouvoir avait failli devenir réalité. En effet, il était arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, mais avait décidé de se retirer du second tour à cause d’une violente campagne menée par le pouvoir contre ses partisans, faisant des dizaines de morts et de nombreux blessés.

Morgan Tsvangirai devait être le candidat officiel du MDC pour la prochaine présidentielle

Un an plus tard, alors que l’hyperinflation sévissait dans le pays, il avait été nommé Premier ministre d’un gouvernement de coalition resté sous le contrôle de Mugabe. En 2013, il est de nouveau battu par le parti de Mugabe.

Morgan Tsvangirai devait être le candidat officiel du MDC pour la présidentielle de cette année et affronter le nouveau président Emmerson Mnangagwa, successeur de Robert Mugabe. Mais la semaine dernière,  Tsvangirai avait cédé sa place à la tête du parti à l’un des trois vice-présidents, Nelson Chamisa, faisant penser que son état de santé s’était détérioré.

Un parti en manque de cohésion

Morgan Tsvangirai laisse un parti orphelin et affaibli par ses querelles internes. Depuis des mois, le MDC se déchire en vue de sa succession. « Tsvangirai assurait la cohésion du parti », a estimé mercredi Alexander Rusero, analyste politique.

Le MDC se retrouve désormais face à « un dilemme avec ses trois vice-présidents qui se battent pour la position de Tsvangirai »,  a-t-il ajouté. Après le décès de Tsvangirai, le nouveau président Emmerson Mnangagwa, investi candidat de la Zanu-PF, fait plus que jamais figure de grand favori pour la présidentielle.


>>> A LIRE – Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa, l’impitoyable sécurocrate devenu héros national


En janvier, Emmerson Mnangagwa avait rendu une visite de courtoisie très remarquée au chef du MDC à son domicile d’Harare, accompagné de son vice-président, l’ex-chef d’état-major des armées Constantino Chiwenga. Sur les photos, le président du MDC était apparu frêle mais souriant.

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