Politique

Libye : deux gouvernements, un seul et même chaos

| Par Jeune Afrique
Un journaliste regarde le bâtiment endommagé d’un camp d’une brigade islamiste.

Un journaliste regarde le bâtiment endommagé d'un camp d'une brigade islamiste. © AFP

Les jours se suivent et se ressemblent en Libye alors que le pays s’enfonce dans la crise. Il se retrouve aujourd’hui avec deux gouvernements sur fond de lutte d’influence entre libéraux et islamistes.

L’imbroglio politico-judiciaire a de beaux jours devant lui en Libye. Le pays se retrouve aujourd’hui avec deux gouvernements alors que les violences continuent dans l’est du pays. Le cabinet libéral sortant d’Abdallah al-Theni a ainsi affirmé, mercredi 28 mai dans un communiqué, qu’il s’en remettait à la justice pour déterminer s’il devait céder le pouvoir au nouveau gouvernement d’Ahmed Miitig, appuyé par les islamistes et dont l’élection est contestée.

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"Partant de sa responsabilité historique, le gouvernement par intérim s’engage au respect total de toutes les décisions de la justice", selon le communiqué, évoquant les recours déposés par des députés contre l’élection d’Ahmed Miitig au Parlement. Plusieurs députés libéraux ont en effet accusé les blocs islamistes d’avoir laissé le vote ouvert pour des retardataires après l’annonce du résultat, afin d’atteindre les 121 voix requises, alors qu’Ahmed Miitig n’avait recueilli initialement que 113 votes.

Plusieurs politiciens et groupes armés avaient déjà prévenu qu’ils ne cautionneraient pas un gouvernement formé par ce dernier, qui a reçu malgré tout dimanche l’investiture du Parlement. "Il ne s’agit pas d’un différend entre les deux gouvernements, mais d’un imbroglio au sein du CGN", a assuré Abdallah al-Theni, après la lecture du communiqué, invitant le Congrès "à faire prévaloir la raison" et à "se réunir pour trouver une sortie" à la crise.

Raids aériens

À Benghazi, les forces du général dissident Khalifa Haftar, qui dit combattre le "terrorisme" en Libye et a reçu l’appui d’unités de l’armée, ont lancé des raids aériens contre un camp de la Brigade des martyrs du 17 février, sans faire de victime. Après avoir obtenu le ralliement de plusieurs unités de l’armée, le général Haftar avait annoncé le 16 mai une campagne baptisée "la Dignité" contre les groupes extrémistes.

La brigade des martyrs du 17 février, formée par des ex-rebelles islamistes, est soupçonnée d’entretenir des liens étroits avec le groupe jihadiste d’Ansar al-Sharia, classé organisation "terroriste" par les États-Unis. Basé à Benghazi, celui-ci avait menacé, mardi 27 mai, le général Haftar du même sort que le leader déchu Mouammar Kadhafi, mort en octobre 2011 peu après sa capture par les rebelles, et a mis en garde les États-Unis contre toute intervention en Libye.

Mohamed Al-Zehawi, chef d’Ansar Asharia à Benghazi, a accusé le général dissident d’être un "nouveau Kadhafi" et un "agent des renseignements américains". "S’il persiste à mener cette sale guerre, il risque de voir s’ouvrir les portes de l’enfer", a-t-il averti, en prévenant les États-Unis de rester à l’écart ou de connaître le même sort qu’en Irak, en Afghanistan ou en Somalie.

Les États-Unis ont décidé de déployer à proximité des côtes libyennes un navire d’assaut amphibie avec un millier de soldats du corps des Marines à bord, afin de pouvoir mener une éventuelle évacuation de son ambassade à Tripoli. Les autorités américaines sont encore traumatisées par l’attaque du 11 septembre 2012 contre le consulat américain de Benghazi, qui avait coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur Christopher Stevens.

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