Politique

Burkina Faso : dernier échauffement avant la campagne antiréférendum

Le président burkinabè Blaise Compaoré. © AFP

L'opposition politique burkinabè lancera samedi une grande offensive antiréférendum à l'occasion d'un rassemblement au stade du 4-Août de Ouagadougou. Objectif : dissuader le pouvoir de modifier l'article 37 de la Constitution par la voie référendaire et empêcher ainsi l'actuel président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat en 2015.

L’opposition politique burkinabè lancera samedi une grande offensive antiréférendum à l’occasion d’un rassemblement au stade du 4 août de Ouagadougou. Objectif : dissuader le pouvoir de modifier l’article 37 de la Constitution par la voie référendaire et empêcher ainsi l’actuel Président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat en 2015.

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Une mobilisation "historique" : c’est ainsi que l’on présente le grand rassemblement de samedi prochain dans les locaux du chef de file de l’opposition (CFOP), Zéphirin Diabré. Pendant que ce dernier, enfermé dans son bureau, reçoit l’ambassadeur des États-Unis, le comité d’organisation s’active à boucler les derniers préparatifs de cet événement qui devrait réunir plus  de 35 000 personnes dans le plus grand stade de la capitale burkinabè. Sur les centaines d’affiches et flyers préparés pour l’occasion, Zéphirin Diabré pose aux côtés de Maître Bénéwendé Sankara, président de l’Unir-PS, Ablassé Ouedrogo, président du parti Faso autrement, Hama Arba Diallo, maire de la commune de Dori et Roch Marc Christian Kaboré, président du MPP, dernier né dans la galaxie des partis d’opposition du Burkina Faso. Cette alliance "conjoncturelle", comme se plaît à la nommer Maître Sankara, dont l’idéologie sankariste est à l’opposé de celle, néolibérale, prônée par Zéphirin Diabré, n’a qu’un seul objectif : dissuader le pouvoir et son parti, le CDP, de modifier la Constitution par l’organisation d’un référendum sur l’article 37 qui interdit à Blaise Compaoré de se représenter en 2015.

Un arsenal de mesures

Pour ce faire, l’opposition officialisera, le 31 mai, sept mesures exceptionnelles. Parmi elles, la création de Comités contre le référendum (CCR) sur tout le territoire burkinabè mais également au sein de la diaspora vivant à l’étranger. Selon Maître Sankara, ces comités seront constitués de tous les "patriotes" d’où qu’ils viennent et répondront uniquement aux mots d’ordre lancés par le CFOP afin d’éviter les actions individuelles contre-productives et même les infiltrations. Cette mesure s’accompagnera d’une campagne anti-référendum dans les 45 provinces du pays ainsi que du lancement de la "résistance parlementaire" dont les députés de l’opposition à l’Assemblée nationale seront les principaux acteurs. Pour Zéphirin Diabré, cet arsenal de mesures constitue avant tout une phase de "dissuasion". "Nous sommes quasiment sûr que nous n’aurons pas besoin de déployer d’autres stratégies", confie celui-ci. Sans le démentir, son camarade de lutte Maître Sankara prévient cependant : "si le camp d’en face s’entête, nous ferons de même, quitte à descendre dans la rue en masse".

Cette manifestation se tiendra dans la paix et la convivialité.

"Nous n’aurons pas de pitié"

Si chacun promet que le stade du 4 août sera rempli "recto-verso" (sic), certaines rumeurs d’infiltration de la manifestation par des "éléments perturbateurs" tendent à refroidir les meilleures volontés. "C’est vrai qu’il y a une volonté de nous nuire", affirme Zéphirin Diabré, "mais il faut que les gens sachent que toute personne qui viendra avec l’intention de créer le désordre aura en face de lui une réaction imminente et violente ; nous n’aurons pas de pitié à ce niveau-là", prévient le Chef de file de l’opposition. De son côté, Ablassé Ouedraogo se veut rassurant : "cette manifestation se tiendra dans la paix et la convivialité", assure l’ancien conseiller du président de la République au cours d’une conférence de presse organisée spécialement dans le but de rassurer les Burkinabè sur la sécurité de l’évènement. "Il faut que tout se passe bien car nous préparons la même chose au stade de Bobo-dioulasso", glisse l’un des opposants. La fin du match est encore loin d’être sifflée.

 

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