Politique

Retour à la case Alger pour la 17e conférence des pays Non-alignés

Les Non-alignés à Téhéran en 2012.

Les Non-alignés à Téhéran en 2012. © AFP

La 17e conférence ministérielle du mouvement des pays Non-alignés s’est tenue, les 28 et 29 mai, à Alger, dans un climat empreint de nostalgie, mais pas seulement.

Le décor n’a sans doute pas été étranger à ce climat de nostalgie perceptible lors de la 17e conférence ministérielle du mouvement des pays Non-alignés (PNA) à Alger : le palais des Nations du club des pins avait abrité, il y a une quarantaine d’années, le 4e sommet de l’organisation, incarnation du tiers-monde. Une organisation conçue en 1955 à Bandung, en Indonésie,-  sous la houlette de l’Indien Nehru, de l’Égyptien Nasser, ou encore de l’indonésien Soekarno – et née, en 1961, à Belgrade sous l’impulsion du président de la Yougoslavie de Tito. Dédié à l’indépendance des peuples du joug colonial, le mouvement avait subi une mue à Alger, en 1973, quand il s’est consacré au nouvel ordre mondial, combat que les 120 pays membres continuent de mener avec plus ou moins de conviction.

Faut-il y voir que le non-alignement serait passé de mode en 2014 ? Pas si sur. Le monde bipolaire est certes un vieux souvenir mais le mouvement tente de s’adapter et de continuer à peser dans les instances onusiennes en se maintenant comme une force électorale lors des assemblées générales des Nations unies. Inaugurée en présence d’Evo Morales Ayma, président de l’État plurinational de Bolivie (nom officiel du pays), la Conférence d’Alger a fait le plein : 106 pays représentés sur les 120 membres, 90 chefs de la diplomatie et d’éminentes personnalités, tels l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, l’elder Lakhdar Brahimi, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el Arabi, "unique présent à avoir participé au sommet d’Alger de 1973", a-t-il tenu à rappeler, ou encore le Suisse Jean Ziegler, ex-rapporteur spécial de l’ONU pour l’Alimentation.

Présent et avenir

Hormis le discours d’Evo Morales Ayma, le ton général est moins comminatoire à l’égard de l’impérialisme et du néo-colonialisme mais demeure assez revendicatif : réforme de la gouvernance mondial et du système des Nations unies,  élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux membres permanents issus des "continents oubliés", refondation des relations financières avec remise en cause des institutions de Bretton Woods.

Si la nostalgie des "années de lutte pour l’émancipation" a dominé le début des travaux, le thème de la Conférence "Solidarité renforcée pour la paix  et la prospérité" a très vite imposé présent et avenir. Les conflits qui agitent actuellement les pays-membres ont provoqué des réunions en marge des assises, notamment au sujet du Mali, de la Libye, de la Syrie ou de la Centrafrique. S’agissant de l’avenir, la Déclaration d’Alger insiste sur une "préparation minutieuse des échéances à venir : le 70e anniversaire de l’ONU, en septembre 2015, et l’évaluation des objectifs du millénaire pour le développement humain (OMD) à la même date. Tous les représentants présents se sont donnés rendez-vous dans une dizaine de jours quand la Bolivie d’Evo Morales accueillera le sommet du G 77+ la Chine, qu’il préside, le 14 juin 2014, à Santa Cruz.

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Cherif Ouazani, envoyé spécial à Alger  
 

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