Politique

Moines de Tibéhirine : la visite de Marc Trévidic une nouvelle fois reportée

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Mis à jour le 30 mai 2014 à 16:08

Le juge antiterroriste français Marc Trévidic devait se rendre en Algérie samedi. Le magistrat et son équipe ont dû renoncer faute d’autorisation officielle.

Marc Trévidic attendra. Faute d’autorisation officielle, le juge antiterroriste français a dû une nouvelle fois renoncer à se rendre en Algérie où il espérait pouvoir progresser dans la difficile enquête sur l’assassinat des moines français de Tibéhirine en 1996.

>> Lire aussi : Alger reporte la visite du juge Trévidic

Cette visite, déjà reportée fin février, devait commencer samedi. Mais à la veille du voyage, le magistrat et l’équipe qui devait l’accompagner n’avaient toujours pas reçu d’invitation officielle des autorités algériennes, a indiqué vendredi à l’AFP une source proche du dossier.

Alger n’a pas fait de commentaire officiel pour le moment.

"C’est une immense déception pour les familles de voir que pour la deuxième fois, ce déplacement est annulé in extremis", a réagi à Paris l’avocat des parties civiles, Patrick Baudoin.

"On s’est constamment heurté à un système d’opacité et au refus de coopérer des autorités algériennes", a déploré l’avocat, qui espère que le chef de la diplomatie française,Laurent Fabius, en visite en Algérie à la fin de la semaine prochaine, pourra débloquer la situation.

"Si, à très bref délai, le juge Trévidic ne reçoit pas l’autorisation d’Alger de se rendre sur place, nous tirerons toutes les conséquences de ce refus délibéré de coopérer" des autorités algériennes, prévient l’avocat des familles. Pour Patrick Baudoin, "ça voudra dire qu’il y a quelque chose à cacher".

Le juge Trévidic devait être accompagné d’experts, d’un photographe de l’identité judiciaire et d’un magistrat du parquet de Paris : en tout, une douzaine de personnes. But de la mission: se rendre à Tibéhirine pour faire exhumer et expertiser les têtes des sept moines, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé, près de Medea (nord-ouest de l’Algérie).

Dans une commission rogatoire internationale de décembre 2011, le juge et sa collègue Nathalie Poux avaient demandé de pouvoir réaliser ces expertises, mais aussi de pouvoir entendre une vingtaine de témoins. Fin 2013, l’Algérie avait donné son feu vert aux expertises des têtes, mais pas aux auditions.

Une autopsie des têtes des moines pourrait éclairer les enquêteurs sur les conditions des assassinats.

(Avec AFP)