Sécurité

RDC : le général Mundos et trois chefs miliciens inscrits sur la liste noire de l’ONU

Des soldats des Forces armées de la RDC (FARDC), le 13 août 2012, près de Goma. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le comité des sanctions des Nations unies concernant la RDC a ajouté jeudi sur sa liste noire le général congolais Muhindo Akili Mundos, proche du président Joseph Kabila, ainsi que Guidon, Gédéon et Lucien Nzambamwita, trois chefs miliciens congolais et rwandais.

Tous les quatre représentent « une menace pour la paix, la stabilité et la sécurité en RDC », selon l’ONU. Le général Muhindo Akili Mundos, ancien commandant du secteur opérationnel de l’armée congolais dans les territoires meurtris de Beni et Lubero, mais aussi deux chefs miliciens congolais Guidon Shimiray Mwissa et Gédéon Kyungu ainsi que le Rwandais Lucien Nzambamwita alias André Kalume, l’un des commandants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont été ajoutés, ce jeudi 1er février, sur la liste onusienne des sanctions.

Ces sanctions portent essentiellement sur des restrictions financières et des déplacements. En clair, le Conseil de sécurité invite « tous les États [à prendre] les mesures nécessaires pour empêcher l’entrée ou le passage en transit sur leur territoire » de ces quatre individus et à geler « immédiatement » les fonds et autres ressources économiques leur appartenant.

Qui sont ces nouveaux inscrits sur la liste noire ?

Le nom du général Muhindo Akili Mundos, proche du président Joseph Kabila, est régulièrement cité dans plusieurs rapports du groupe d’experts onusiens sur la RDC. Ces derniers accusent cet officier des Forces armées de la RDC (FARDC) d’avoir inciter des hommes armés à commettre des tueries à Beni, zone en proie à une série de massacres depuis septembre 2014. Ce que Mundos a toujours nié. Il a tout de même été relevé de ses fonctions en juin 2015 et rappelé à Kinshasa.

Quant à Guidon Shimiray Mwissa, ses troupes « continuent de faire des ravages parmi les populations civiles dans l’est de la RDC », selon Human Rights Watch. À bientôt 38 ans, cet ancien lieutenant de l’armée congolaise reconverti en chef milicien dirige depuis juillet 2014 le groupe armé Nduma défense du Congo-Rénové. Avec ses hommes (300 à 500, selon les estimations de la Monusco), il combat principalement les rebelles rwandais des FDLR.

Le chef milicien Guidon gagne plus de 20 000 dollars par mois

Dans une bonne partie du territoire de Walikale où il fait régner sa loi, Guidon se paye sur les habitants. Des ONG des droits de l’homme l’accusent d’avoir instauré un système de prélèvement systématique des taxes sur le commerce de l’or. Il « gagne plus de 20 000 dollars par mois », selon HRW qui appelle les autorités congolaises à arrêter ce chef milicien.

Gédéon Kyungu, lui, s’est rendu mi-octobre 2016 dans le sud du pays. Condamné à mort en 2009 pour crimes de guerre, il s’était évadé deux ans plus tard de la prison de Lubumbashi, dans l’ex-Katanga. Mais depuis sa reddition, ce chef milicien a été installé dans une grande maison à Golf, quartier huppé lushois.

Le dernier inscrit sur la liste noire, c’est Lucien Nzambamwita qui aime se faire appeler André Kalume. De nationalité rwandaise, il est l’un des commandants de sous-secteurs des FDLR dans l’est de la RDC.

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