Droits de l’homme

Maroc : nouveau décès dans la ville de Jérada

| Par Jeune Afrique avec AFP
Marche du pain noir à Jérada  le 31 décembre 2017.

Marche du pain noir à Jérada le 31 décembre 2017. © YouTube/Ali Kharroubi

Un mineur est mort jeudi dans un puits d’extraction du charbon, portant à trois le nombre de victimes décédées dans ces mines de la mort depuis fin décembre 2017.

La tension n’est pas prête de retomber à Jérada. Un homme est décédé, jeudi 1er février, dans cette ancienne ville minière du nord-est du Maroc, théâtre de manifestations depuis plus d’un mois après la mort de deux frères piégés dans un autre puits.

L’accident a eu lieu en fin de matinée, dans une galerie d’extraction de charbon désaffectée, selon un militant local, qui fait également état d’un blessé grave. Les autorités locales ont confirmé la « mort d’un homme dans un puits désaffecté à Jérada », sans préciser les circonstances de son décès.

L’accident a provoqué une nouvelle bouffée de colère. Des vidéos diffusées en direct sur des pages Facebook de militants montraient un attroupement de quelques centaines de personnes après la mort de cet « autre martyr ».

Un plan d’urgence

Fin décembre, la mort de deux frères dans un autre puits désaffecté avait suscité la colère des habitants, qui dénoncent depuis pacifiquement « l’abandon » de leur ville, qui s’est paupérisée à la suite de la fermeture en 1998 d’une grande mine de charbon, sa principale activité. Des centaines de mineurs risquent quotidiennement leur vie dans la région pour extraire clandestinement du charbon, que revendent des notables locaux grâce à des permis d’exploitation.


>>> A LIRE – Maroc : le ministre de l’Énergie et des Mines, Aziz Rebbah, en pompier à Jérada


Deux délégations ministérielles se sont rendues sur place depuis début janvier et un « plan d’urgence » a été présenté sans pour l’instant donner satisfaction aux protestataires. Le Maroc a connu ces derniers mois deux autres mouvements de contestation sociale, dans le Rif (nord) après la mort d’un marchand de poissons en octobre 2016 et dans le sud désertique après des coupures d’eau liées à la surexploitation agricole.

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