Vie des partis

Nigeria : affrontements à Kano après la nomination de Lamido Sanusi comme émir

Lamido Sanusi Lamido, le 14 août 2009.

Lamido Sanusi Lamido, le 14 août 2009. © AFP

Les partisans du nouvel émir de la ville de Kano (nord du Nigeria), Sanusi Lamido Sanusi, et ceux qui soutenaient la candidature de son rival se sont affrontés lundi.

La nomination dimanche de l’ex-gouverneur de la Banque centrale Sanusi Lamido Sanusi comme nouvel émir de Kano, la la principale ville du Nord du Nigeria, ne passe pas. Des affrontements ont opposé lundi 9 juin ses supporters à ceux qui soutenaient la candidature de son rival.

>> Lire aussi : Manifestations contre la nomination de Lamido Sanusi comme émir de Kano

Selon un journaliste de l’AFP, des centaines de personnes sont sorties dans les rues en soutien à Sanusi Lamido Sanusi  Les pro-Sanusi ont alors été attaqués par des supporters d’Aminu Ado Bayero, son principal rival.

Le journaliste de l’AFP a dit avoir vu des supporters de Sanusi couverts de sang et des supporters de Bayero brandir des machettes et des gourdins. Aucun soldat n’était visible sur place et seuls des agents chargés de la circulation, non armés, et des policiers de la Hisbah, la police des moeurs, étaient dans les rues pour tenter de ramener le calme.

Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.

>> Lire aussi : Lamido Sanusi, le Nigérian sans peur

Sanusi Lamido Sanusi a été nommé émir de Kano suite à la mort de son prédécesseur, Ado Abdullahi Bayero, qui a succombé vendredi à un cancer, à l’âge de 83 ans. Des centaines de jeunes avaient déjà manifesté dimanche soir à Kano contre sa nomination.

Avec le sultan de Sokoto et le Shehu de Borno, l’émir de Kano est l’un des chefs religieux traditionnels les plus influents du nord du Nigeria, majoritairement musulman. Aminu Ado Bayero, fils aîné de l’émir défunt, très populaire dans le district de Kano qu’il dirige actuellement, était soutenu par le Parti démocratique populaire (PDP) du président Jonathan.

Le gouverneur de Kano, Rabiu Kwankwaso, qui a choisi Sanusi parmi une liste de noms fournie par les responsables du Palais de l’émir, fait partie des gouverneurs du Nord qui ont récemment quitté le PDP pour rejoindre le Congrès progressiste (APC), principal parti d’opposition.

L’ex-gouverneur de la Banque centrale nigériane, âgé de 52 ans, avait été suspendu de ses fonctions le 20 février, moins de quatre mois avant la fin de son mandat, pour imprudences en matière de finances, après avoir accusé la puissante compagnie pétrolière nationale NNPC d’avoir détourné près de 20 milliards de dollars (14,5 milliards d’euros) de fonds publics.

>> Lire aussi : Lamido Sanusi : la polémique de trop

Son action au Nigeria, où il a remis de l’ordre dans un secteur bancaire au bord de l’implosion et stabilisé la monnaie du pays le plus peuplé et plus gros producteur de pétrole d’Afrique, a été saluée par de nombreux économistes nigérians et étrangers.

Mais cela lui a valu, également, de puissants ennemis politiques, au sein même du PDP, dans un pays où la corruption, que Sanusi Lamido Sanusi n’a eu de cesse de dénoncer, est endémique.

(Avec AFP)

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte