Politique

Nouvelle reddition de dizaines de FDLR dans l’est de la RDC

Plus de 80 combattants des FDLR se sont rendus lundi à Kigogo, dans la province du Sud-Kivu, poursuivant le processus de démobilisation de la rébellion hutu rwandaise entamé fin mai.

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Mis à jour le 10 juin 2014 à 09:13

Des combattants des FDLR dans l’est de la RDC. © AFP

Le processus de démobilisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) amorcé il y a dix jours se poursuit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). 83 de ces rebelles hutu rwandais se sont rendus lundi 9 juin au cours d’une cérémonie de reddition organisée à Kigogo, localité du Sud-Kivu située à 110 km au sud de Bukavu, capitale de cette province congolaise frontalière du Rwanda.

La cérémonie a eu lieu en présence de l’ambassadeur de la Namibie en RDC, représentant la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), et de membres de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco). Selon Patrick Nymatomwa, animateur du Programme paix et réconciliation (PPR) de l’Église du Christ au Congo, les rebelles ont remis 83 armes, "dont huit lourdes".

1 500 à 2 000 combattants

Le 30 mai, une centaine de combattants des FDLR s’étaient rendus dans des conditions similaires, donnant le coup d’envoi d’un processus de démobilisation de ce groupe armé, dont seul le temps permettra de mesurer la portée. Les effectifs des FDLR, dont certains membres et dirigeants sont accusés d’avoir participé au génocide de 1994 au Rwanda, tournent autour de 1 500 à 2 000 combattants.

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Leurs combattants les plus anciens sont présents dans l’est de la RDC depuis 1994 et la chute du pouvoir hutu ayant organisé le génocide des Tutsis. Opposés au régime tutsi du président Paul Kagame, au pouvoir à Kigali depuis la fin des massacres de 1994, les FDLR n’ont mené aucune action en territoire rwandais depuis plusieurs années mais sont accusées par l’ONU de commettre régulièrement des atrocités contre les civils en RDC.

Les miliciens qui se rendent espèrent pouvoir transformer leur mouvement en parti politique d’opposition au Rwanda, ce qui semble aujourd’hui très hypothétique, Kigali continuant à les ostraciser et ne permettant pas d’existence légale à l’opposition. De leur côté, l’ONU et les Occidentaux souhaitent voir les dirigeants du mouvement recherchés pour leur implication dans le génocide traduits devant la justice internationale. 

(Avec AFP)