Société

Brésil : la discrimination positive à l’égard des Noirs et des métis s’étend à l’administration

Par - Fanny Houvenaeghel
Mis à jour le 10 juin 2014 à 16:19

La présidente du Brésil, Dilma Roussef, a promulgué lundi une loi pour faciliter l’accès des Noirs et métis aux emplois dans l’administration. 

Désormais, 20% des places dans les concours de l’administration publique seront réservées aux Noirs et métis. Cette décision vient confirmer la volonté du gouvernement brésilien de lutter contre la discrimination raciale. En 2012, Dilma Roussef avait passé une loi stipulant que la moitié des places dans les universités fédérales devaient être réservées aux étudiants venant des écoles publiques et que les Noirs, métis et Indiens seraient prioritaires.

Le Brésil, premier pays esclavagiste d’Amérique, est également le pays où l’abolition de l’esclavage a été la plus tardive (1888). Depuis l’indépendance du pays en 1822, les élites ont tout fait pour oublier le ce passé, allant jusqu’à détruire de nombreuses archives du gouvernement liées à l’esclavage.

Un racisme discret mais "extrêmement violent"

Certes, il n’existe pas de ségrégation juridique au Brésil. Toutefois, si le métissage s’est peu à peu imposé au fil du temps et que l’on est davantage en face d’un "racisme cordial" que d’une véritable ségrégation, les discriminations n’ont pas disparu. Ainsi, en janvier 2014, un internaute brésilien avait fait scandale en proposant des Noirs à vendre sur un site de e-commerce. L’annonce indiquait que "les Noirs serviront comme charpentiers, maçons, cuisiniers, agents de sécurité, vigiles de discothèques, balayeurs, éboueurs ou homme de ménage".

Joaquim Barbosa, premier juge noir à accéder au poste de président à la Cour suprême de Brasilia, estimait, en 2012 : "Le racisme au Brésil est caché, subtil, non avoué dans son expression, masqué et sous-estimé par les médias. Il n’en demeure pas moins extrêmement violent."

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