Politique

Exclusif. Burkina : le rapport d’autopsie conclut à une mort accidentelle du juge Nébié

Boulevard circulaire à Ouagadougou. © Renaud Van Der Meeren/Jeune Afrique.

Le rapport du médecin-légiste français sur le décès du juge constitutionnel Salifou Nébié, retrouvé mort sur une route près de Ouagadougou, le 24 mai, est formel : il s'agit d'un accident routier et non d'un homicide volontaire.

Nul doute que le rapport d’autopsie sur la mort de Salifou Nébié va provoquer des remous au Burkina. Rédigé par le médecin légiste français Stéphane Chochois, dépêché à Ouagadougou dans le cadre d’une demande d’assistance technique, le texte, dont Jeune Afrique a obtenu une copie, conclut que le juge constitutionnel est décédé "des suites d’un accident de la circulation, avec percussion violente par un engin indéterminé". Il exclut donc la thèse d’un homicide volontaire, avancée dans un premier temps par Wenceslas Ilboudo, le procureur général du Faso, ainsi que par les proches de la victime.

Le corps de Salifou Nébié avait été retrouvé à une centaine de mètres de son véhicule, le 24 mai peu après 20 heures, sur une route départementale menant à Saponé. Selon un proche, ce membre de la Cour constitutionnelle ne cachait pas son opposition au projet de référendum sur la modification de l’article 37 de la Constitution. Ce scrutin permettrait à Blaise Compaoré de faire sauter la limitation des mandats présidentiels – pour se représenter en 2015 – et provoque actuellement des tensions au Burkina. Dans ce contexte électrique, le décès du juge avait donc rapidement été perçu comme un assassinat politique.

>> Lire aussi Burkina Faso : dernier échauffement avant la campagne antiréférendum

"Accident routier"

Daté du 12 juin, le rapport d’autopsie du Dr Chochois, transmis à la justice burkinabè, indique que l’autopsie a été réalisée le 4 juin à la morgue du centre hospitalier de Ouagadougou. Il affirme que des traces "d’impact d’un quelconque objet contondant" sur la tête, des signes "d’empoignade ou de défense sur les zones classiques anatomiques où elles sont recherchées" ou encore "d’utilisation d’arme blanche" n’ont pas été retrouvés sur la dépouille mortelle de Salifou Nébié.

"Dans ce contexte, l’intervention directe d’un tiers dans le déterminisme des causes de la mort peut être définitivement éliminée (…) Les lésions que présente le corps de M. Salifou Nébié sont, par contre, compatibles avec un accident routier (piéton renversé) par un engin de forte inertie (type camion ou gros véhicule)", souligne le texte. Il est enfin précisé que des traces "d’alcoolisation aigue" ont été relevées sur le cadavre. Le juge, qui avait passé l’après-midi à une fête d’anniversaire à Ouagadougou, avait effectivement consommé de l’alcool avant de mourir, selon Germain Nama, directeur du journal L’Événement et dernière personne à l’avoir vu.

Ce rapport d’autopsie contredit les premières analyses mortuaires réalisées le 27 mai par une équipe burkinabè. Celles-ci faisaient état "d’usage d’armes contondantes" et avaient conduit le procureur général du Faso, Wenceslas Ilboudo, à publiquement évoquer la piste d’un "homicide volontaire".

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Benjamin Roger

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