Politique

Crise anglophone au Cameroun : un gendarme tué par des « sécessionnistes »

Des policiers camerounais à Yaoundé, en 2005 (illustration). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Un gendarme a été tué jeudi dans la région du nord-ouest du Cameroun, et une bombe artisanale a explosé au passage d'un véhicule de l'armée à la frontière nigériane.

« Un gendarme a été abattu cette matinée (de jeudi) à Kumbo lors d’une attaque de sécessionnistes », a affirmé à l’AFP une source proche des services de sécurité camerounais. « La victime est un adjudant-chef déployé dans cette région dans le cadre des opérations de sécurisation des zones anglophones. »

L’information a été confirmée à l’AFP par une autre source sécuritaire de la région.

Dans le Sud-Ouest anglophone, une bombe artisanale a explosé au passage d’un véhicule de l’armée camerounaise. Il transportait des éléments du bataillon d’intervention rapide (BIR) à Ekok, non loin de la frontière nigériane. Deux soldats ont été blessés dans l’explosion.

C’est la première fois, qu’un tel mode opératoire est utilisé sur une route des régions anglophones camerounaises.

« Détenus au secret »

À mesure que le président Paul Biya et les autorités camerounaises ont accru la pression sécuritaire et la répression des manifestations séparatistes, les rangs des sécessionnistes se sont étoffés ces derniers mois.  Les actions violentes se sont multipliées, faisant craindre l’émergence d’une « insurrection armée » dans la région.

Mercredi, de nombreux tracts ont circulé dans la ville de Kumbo, annonçant la création dans cette zone d’une bande armée dénommée Banso Resistance Army (BRA). Ce nouveau groupe dit vouloir se battre, comme le font déjà d’autres, pour l’indépendance du Cameroun anglophone.

« Depuis l’arrestation des leaders séparatistes au Nigeria, il y a une dégradation sécuritaire et une multiplication des fronts entre séparatistes et l’armée camerounaise », explique Hans De Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyse International Crisis Group (ICG).

Début janvier, le leader des indépendantistes camerounais, Sisiku Ayuk Tabe, et neuf de ses partisans avaient été arrêtés au Nigeria, où ils sont depuis « détenus au secret », selon leur avocat et l’ONG Amnesty International.

Nombre d’hommes politiques anglophones dénoncent depuis début 2018 des « actes arbitraires (tueries, destructions de maison) » de l’armée camerounaise en zones anglophones.

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