Justice

Michel Tomi en garde en vue, la justice française enquête sur ses liens avec IBK

L'homme d'affaires corse Michel Tomi, le 18 mars 2001. © Olivier Laban Mattei/AFP

Dans le cadre d'une information judiciaire ouverte depuis une année en France notamment pour "blanchiment aggravé", l'homme d'affaires corse Michel Tomi a été placé mercredi en garde à vue. La justice française s'intéresse à l'origine de ses revenus et à ses relations avec Ibrahim Boubacar Keïta, le président malien.

IBK doit-il s’inquiéter ? Celui qui considère le président malien comme un "frère" a été placé le 18 juin au matin en garde à vue en France par les policiers de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales et ceux de l’Office central de répression de la grande délinquance financière. Michel Tomi, 68 ans, le richissime entrepreneur corse qui a fait fortune dans les jeux en Afrique, était visé depuis juillet 2013 par une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour "blanchissement aggravé en bande organisée", "abus de biens sociaux" et "faux en écriture privée".

Selon l’hebdomadaire français L’Express qui a rapporté les faits mercredi sur son site internet, "[les enquêteurs] vont l’interroger sur" ‘l’origine de ses revenus, son train de vie et ses relations avec le chef de l’État malien, Ibrahim Boubakar Keïta, pour des faits qualifiés de corruption".

Résidant depuis quelques années à Libreville, au Gabon, Michel Tomi est le patron d’un important empire industriel en Afrique de l’Ouest, présent dans les secteurs divers (casinos, PMU, hôtellerie, immobilier, aviation d’affaires, machines à sous…). La justice française le soupçonne de "blanchir en France une partie de l’argent gagné en Afrique et de financer des présidents africains", résume Le Monde. Ce que le suspect a toujours nié.

"Les présidents africains ne sont-ils pas supposés avoir de l’argent ?"

"Avec IBK, nous nous connaissons depuis plus de vingt ans. Parler de corruption, comme le suggère la justice française, n’a aucun sens. Les présidents africains ne sont-ils pas supposés avoir de l’argent ?", avait tonné Michel Tomi lors d’une interview accordée à L’Express quelques jours seulement avant son interpellation.

Considéré par certaines sources judiciaires comme le "parrain des parrains corses", Michel Tomi est soupçonné d’avoir des liens avec le banditisme insulaire. Ce que l’homme d’affaires rejette, reconnaissant n’avoir que "quelques liens personnels" avec certains de ses représentants.

Après les 48 heures de garde à vue, les juges parisiens spécialistes de la lutte contre la criminalité financière décideront s’ils mettent en examen Michel Tomi ainsi que plusieurs membres de son entourage. Une suite de la procédure qui devrait être suivie de près du côté de Bamako.

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Par Trésor Kibangula

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