Politique

RDC : les musulmans demandent aux autorités de ne pas réprimer la marche des catholiques

Des manifestants congolais dans les rues de Kinshasa le 31 décembre dernier, en République démocratique du Congo. © John Bompengo/AP/SIPA

Le chef des musulmans de la République démocratique du Congo a exhorté samedi les autorités à « éviter de réprimer » la marche des catholiques contre le maintien du président Joseph Kabila au pouvoir.

« Je demande aux autorités d’éviter de réprimer la marche des laïcs catholiques de ce dimanche et d’encadrer les manifestants», a déclaré à l’AFP Cheikh Ali Mwinyi M’Kuu, représentant légal de la communauté musulmane de RDC.

« S’ils décident de réprimer, il n’y aura pas de paix. Mais s’ils laissent la marche se tenir, ils respecteront la Constitution et la paix régnera », a-t-il ajouté.

D’habitude silencieux, l’imam M’Kuu qui revendique dix millions de fidèles sur 70 à 80 millions de Congolais « n’encourage ni n’interdit» aux musulmans congolais de participer à cette marche des catholiques « tant qu’elle reste pacifique », a-t-il précisé.

Non-respect des engagements

La dispersion d’une précédente marche anti-Kabila des catholiques le 31 décembre 2017 avait fait six morts selon les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités.

Vendredi, ce même chef des musulmans congolais avait fustigé la gouvernance dans le pays et le manque de respect des engagements par les autorités, après des critiques émises contre le pouvoir par le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque catholique de Kinshasa, et d’un pasteur protestant.

Le collectif des laïcs catholiques, organisateur de la marche, demande au président Kabila de déclarer publiquement qu’il a l’intention de quitter le pouvoir, ainsi que le respect d’un accord politique majorité-opposition signé fin 2016.

Barrages policiers

Samedi, peu avant 16 h (15 h GMT), deux barrières ont été installées  sur le boulevard du 30 juin, principale route du centre des affaires de la capitale, créant immédiatement des embouteillages. Des témoins affirment avoir passé six barrages sur l’avenue des Huileries qui conduit vers les quartiers populaires. À chaque barrage, des policiers armés procèdent au contrôle d’identité des conducteurs et fouillent le coffre des véhicules.

Les responsables de la police sont restés injoignables au téléphone, alors que les autorités de Kinshasa avaient indiqué vendredi qu’elles interdisaient la marche à l’appel d’un collectif catholique dimanche à la sortie de la messe dans les quelque 160 paroisses de la capitale. Des appels ont été lancés dans d’autres villes congolaises.

 

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte