Politique

Centrafrique : au moins 50 personnes tuées lors d’une nouvelle flambée de violences

Des musulmans fuient Bangui, en avril 2014.

Des musulmans fuient Bangui, en avril 2014. © afp.com - Issouf Sanogo

Le cercle infernal de la vengence et des représailles se poursuit en Centrafrique. Depuis lundi, près de cinquante personnes ont été tuées dans la région de Bambari. La flambée de violences a été déclenchée par le massacre de dix-sept peuls samedi 21 juin.

"Près de cinquante personnes ont été tuées depuis lundi dans les violences en cours dans la région de Bambari et les villages environnants. La plupart des victimes ont été massacrées à l’arme blanche ou tuées par balles. C’est le dernier bilan encore provisoire", a confirmé un officier des forces de l’Union africaine (Misca).

Cette explosion de violences a éclaté lundi après le massacre de 17 personnes, toutes des membres de la minorité peule, musulmane, tuées par des jeunes armés se réclamant des anti-balaka.

"En dehors des attaques visant les civils et les incendies de maisons, il y a des affrontements qui donnent l’impression d’attaques coordonnées des groupes armés", miliciens anti-balaka d’un côté et ex-rebelles Séléka de l’autre, a précisé l’officier.

Des soldats français de l’opération Sangaris et africains de la Misca sont présents dans la ville de Bambari. C’est là que l’ex-rébellion Séléka a installé son nouvel état-major depuis son départ en janvier 2014 de la capitale, Bangui, sous la contrainte des forces internationales.

Des violences sont également perpétrées "par des individus incontrôlés ou de petits groupes. Les habitants continuent à fuir vers la cathédrale, l’évêché, la gendarmerie et aussi à la résidence du préfet", a poursuivi l’officier.

Cycle de représailles

La Misca avait fait état mardi d’un cycle de représailles et de contre-représailles à Bambari et dans les environs après cette tuerie.

>> Lire aussi l’interview d’André Nzapayeké : "La centrafrique est dans une situation de conflit communautaire"

Il y a deux semaines, au moins 22 personnes avaient été tuées dans le village de Liwa, près de Bambari, lors d’une attaque attribuée à des Peuls et des ex-Séléka.
Et la semaine dernière, au moins dix corps portant des marques de sévices avaient été repêchés dans la rivière Ouaka, près de Bambari.

Des violences intercommunautaires qui jusque-là avaient épargné la région. En un peu plus d’un an en Centrafrique, les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, tant parmi les chrétiens que parmi les musulmans, selon les régions.

Dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) a pointé du doigt des crimes de guerre et contre l’humanité, commis en toute impunité, alors que l’État centrafricain est impuissant à faire respecter la loi dans ses frontières.

(Avec AFP)
 

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