Société

Les métallos sud-africains poursuivent leur grève

Des grévistes du secteur de la métallurgie vus à travers la carcasse d'une voiture brûlée.

Des grévistes du secteur de la métallurgie vus à travers la carcasse d'une voiture brûlée. © AFP

Les négociations pour tenter de mettre un terme à la grève de la métallurgie sud-africaine étaient dans l’impasse, vendredi, en dépit d’une nouvelle offre salariale proposée par le patronat. Cette grève perturbe déjà les chaînes du géant automobile américain General Motors.

Le directeur général de la fédération des industries de l’acier et des constructions mécaniques d’Afrique du sud (Seifsa), Kaizer Nyatsumba, a déclaré dans un communiqué, vendredi 4 juillet, sa déception profonde quant à la tournure des négociations.

"Après une longue et houleuse discussion, le conseil du Seifsa avait finalement sorti une très bonne offre dont nous pensions en toute confiance qu’elle était acceptable par le Numsa", qui est le puissant syndicat national des métallos sud-africains, a-t-il expliqué.

Le patronat indique avoir mis sur la table, jeudi 3 juillet, une revalorisation étalée sur trois ans des salaires les plus bas de 10% en 2014, puis 9%, puis 8%, les plus qualifiés se voyant eux proposer 8%, puis 7% en 2015 et 2016. L’inflation sud-africaine dépasse actuellement les 6% en rythme annuel.

Le patronat, "très optimiste" selon le communiqué, avait auparavant proposé une revalorisation de 7% à 8% et pensait convaincre le Numsa de faire revenir au travail les plus de 220 000 métallos en grève depuis mardi. Mais il s’est heurté à un refus : le syndicat national des métallos a continué d’exiger notamment la fin du recours au travail intérimaire.

Des problèmes de livraison

"Il est évident que le Numsa a un agenda politique contre le parti au pouvoir", a accusé Kaizer Nyatsumba. "Il a déjà fait valoir auprès du gouvernement son opposition au travail intérimaire et au salaire jeunes (instauré en 2014, ndlr) sans obtenir gain de cause. Maintenant, le syndicat veut quand même imposer ses vues aux employeurs", a-t-il critiqué.

La grève affecte la livraison de composants automobiles, notamment sur les chaînes de General Motors. "Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’arrêter l’assemblage mardi", a précisé le constructeur, qui a déploré le tort causé par ce nouveau conflit social à l’économie sud-africaine et à l’image du pays à l’étranger, après cinq mois de conflit d’une dureté inédite dans les mines de platine. Dans l’immédiat, "nous avons suffisamment de véhicules finis en stock pour assurer les ventes à court et moyen terme", a toutefois ajouté General Motors.

Selon de nombreux observateurs, la grève du Numsa a, de fait, un volet politique puisque le syndicat a coupé les ponts avec l’ANC au pouvoir et milite pour un virage à gauche de la politique économique nationale.

(Avec AFP)
 

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