Sport

Gabon : la Tropicale Amissa Bongo ouvre la saison cycliste internationale

A Kango, quelques minutes avant le départ de la Tropicale, ce ludni 15 janvier 2017. © DR / La Tropicale Amissa Bongo.

Décalée de janvier à mars en 2017, pour cause de CAN, la plus importante des courses cyclistes du continent africain retrouve sa place en prologue de la saison, mêlant des coureurs d'équipes professionnelles aux meilleures sélections africaines. Pour cette première journée, c'est l'Allemand Lucas Cartensen qui a remporté l'étape.

Cette fois, c’est lancé. Les premiers tours de roues de la saison 2018 se sont joués ce lundi sur la Tropicale Amissa Bongo. La première étape (Kango-Lambarène) a été remportée par l’Allemand Lucas Cartensen, de l’équipe Bike Aid, au terme de 146 kilomètres de course. En seconde position, le coureur français Adrien Petit, sous les couleurs de Direct Energie.

La course gabonaise sert traditionnellement d’entrée en matière à plusieurs équipes professionnelles avant de reprendre la route vers le continent européen. « Il faut que les distances soient raisonnables à cette période de l’année, explique Philippe Crépel, codirecteur de l’épreuve. C’est la reprise pour les coureurs, et on ne peut pas programmer une étape de 220 km. Les équipes viennent ici pour se préparer et lancer leur saison. 1000 km en sept étapes, c’est une bonne mise en jambes. »

Quelques pièges sur le parcours

Mais cette 13e édition ne sera pas pour autant une promenade de santé pour le peloton de 90 coureurs qui s’est élancé ce lundi de Kango, dans la province de l’Estuaire. Si la Tropicale couronne généralement un sprinteur, la plupart des étapes offrant un profil relativement plat, deux étapes cette année pourraient venir bousculer la hiérarchie des prétendants à la victoire finale.

Après trois étapes autour de Lambaréné (Moyen-Ogooué), les favoris devront répondre présent lors de 4e journée, sous peine de voir le sacre leur échapper.

Reliant Ndjolé à Mitzic, cette étape de 182 km – la plus longue de cette édition – sera décisive, de l’aveu même de Philippe Crépel : « C’est sans conteste l’étape reine cette année. Elle ne laissera aucun répit au peloton. La course empruntera des routes inédites, sur un parcours plus vallonné qu’à l’habitude. Nous ne sommes pas dans les Alpes ni dans les Pyrénées, mais la multiplication des côtes et des faux plats pourrait faire la différence entre les favoris. »

Le lendemain, l’épreuve s’offrira un passage par le Cameroun, avec une arrivée à Ambam, avant une courte étape de « seulement » 115 km, entre Bitam et Oyem (Woleu-Ntem) . Cette avant-dernière portion pourrait également créer des surprises, analyse le directeur de l’épreuve. « Le circuit final dans Oyem comprend une côte que les coureurs franchiront à trois reprises, ce qui risque de créer des écarts. »

Enfin, dimanche 21 janvier, la 13e Tropicale trouvera son épilogue dans les rues de Libreville, la capitale gabonaise.

L’équipe Direct Energie en favori

Parmi les favoris, on retrouve – comme chaque année – l’équipe Direct Energie. La formation professionnelle, habituée du Tour de France, est comme chez elle au Gabon, où elle est  présente depuis dix ans. Depuis 2010, à une exception près, ses coureurs trustent la première place sur le podium.

Direct Energie sera emmené cette année par les deux derniers lauréats, Adrien Petit et Yohann Gène. La Tropicale, que ce dernier considère comme sa course préférée, a nourri son palmarès tout au long de sa carrière. Double vainqueur de l’épreuve, sept victoires d’étapes, cinq fois dans le top dix du classement final, Gène prendra le départ cette année de son 11e Tour du Gabon – un record.

Mais si les hommes de Jean-René Bernaudeau, manager de l’équipe Direct Energie, veulent continuer sur leur lancée, ils devront battre les autres leaders des groupes professionnels engagés cette année : l’Australien Brenton Jones (Delko-Marseille-Provence) et l’Italien Luca Paciaoni (Wilier-Selle Italia), sans oublier Rinaldo Nocentini (Sporting-Tavira), ancien porteur du maillot jaune sur la Grande Boucle (durant neuf jours, en 2009), toujours professionnel à 40 ans passés. Ils devront aussi composer avec les coureurs africains, au premier rang desquels Tesfom Okubamariam.

Deuxième l’an dernier, le coureur de l’équipe continentale japonaise Interpro Cycling Academy revient à la tête de la sélection nationale d’Érythrée, qui lui sera entièrement dévouée.

Son compatriote Meron Abraham, victorieux lors de la dernière étape, en 2017, à Libreville, sera le leader de la formation continentale allemande Bike Aid. Autre favori, le sprinteur algérien Youcef Reguigui entend prendre sa revanche avec la modeste formation continentale Sovac-Natura4ever, après cinq ans passés en World Tour (première division pro) chez Dimension Data.

Les formations africaines en outsiders

Dans le reste du peloton, le Maroc – l’une des meilleures formations du continent – pourrait jouer les trouble-fêtes avec Adil Jelloul, vainqueur d’étape en 2016, tout comme les coureurs des équipes du Rwanda et d’Éthiopie.

Côté gabonais, on retrouvera dans la sélection nationale une partie des coureurs qui avaient refusé de prendre le départ l’an dernier. Cette grève de protestation contre le non-paiement des primes de course avait valu aux contestataires une radiation à vie, avant d’être graciés par le président Ali Bongo Ondimba.

« Hélas, les Gabonais n’ont pas eu la préparation adéquate en amont, regrette Philippe Crépel. Les coureurs n’ont pas participé aux compétitions du calendrier africain l’an dernier, il ne faudra donc pas les juger sur leurs prestations. Qu’ils soient au départ est déjà bien ! Il n’y a pas de miracle en cyclisme : pour progresser, il faut courir. C’est dommage pour un pays qui accueille la course la mieux cotée du continent. »


1ère étape (15 janvier) : Kango – Lambaréné – 146 km
2e étape (16 janvier) : Ndendé – Fougamou – 173 km
3e étape (17 janvier) : Fougamou – Lambaréné – 114 km
4e étape (18 janvier) : Ndjolé – Mitzic – 182 km
5e étape (19 janvier) : Oyem – Ambam (Cameroun) – 141 km
6e étape (20 janvier) : Bitam – Oyem – 115 km
7e étape (21 janvier) : Bikélé – Libreville – 140 km

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