Vie des partis

Liberia : Ellen Johnson Sirleaf exclue de son parti, à huit jours de la passation de pouvoir

Ellen Johnson-Sirleaf, présidente sortante de la République du Liberia, le 8 mars 2006, à Paris, France.

Ellen Johnson-Sirleaf, présidente sortante de la République du Liberia, le 8 mars 2006, à Paris, France. © Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

Le parti au pouvoir au Liberia a annoncé dimanche l'exclusion de la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf. Il lui reproche de ne pas avoir fait campagne pour son vice-président Joseph Boakai, battu par George Weah au second tour le 26 décembre dernier.

Le Parti de l’Unité (UP), la formation d’Ellen Johnson Sirleaf et de son vice-président Joseph Boakai, ne semble pas avoir apprécié l’attitude de la présidente sortante. Le comité exécutif du parti a en effet « voté l’exclusion » d’Ellen Johnson Sirleaf, ainsi que de trois autres de ses dirigeants, selon le communiqué publié dimanche 14 janvier.

Il leur est notamment reproché des « violations de la Constitution du parti », qui impose entre autres à chaque membre de « faire campagne aux élections pour le candidat du Parti de l’Unité ». L’ancienne présidente et ces trois dirigeants auraient en outre commis « d’autres actions attentatoires à l’existence ou la réputation » de cette formation.

Selon la déclaration, « le comportement des personnes exclues constitue également un sabotage et a nui à l’existence du parti ».


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Après deux mandats consécutifs de six ans, Ellen Johnson Sirleaf, 79 ans, première femme élue à la tête d’un État africain, qui cédera le pouvoir le 22 janvier, ne pouvait se représenter. Durant la campagne présidentielle, elle n’avait que très peu soutenu la candidature de Joseph Boakai, son vice-président, pourtant perçu comme son principal héritier.

Une mise à l’écart réfléchie

Son exclusion du Parti de l’Unité apparaît comme une réponse cinglante aux derniers mois d’Ellen Johnson Sirleaf à la tête de l’État. Cible de violentes critiques, y compris au sein de son propre parti, elle avait estimé le 7 novembre que « la démocratie était attaquée » au Liberia, exhortant la classe politique à se ressaisir, dans une déclaration lue à la radio.

Les allégations, le discours de haine, le langage rétrograde, ont caractérisé ce qui devrait être un moment de fierté dans notre histoire

Elle y déplorait le climat politique, à l’aune de la première transition entre deux présidents élus depuis plus de 70 ans au Liberia.

« Les allégations, le discours de haine, le langage rétrograde, ont caractérisé ce qui devrait être un moment de fierté dans notre histoire », avait-elle déploré lors du report de la présidentielle en novembre.

Joseph Boakai et Charles Brumskine, le candidat arrivé troisième lors du premier tour le 10 octobre, ont accusé la présidente d’avoir pesé sur les résultats, notamment en rencontrant à son domicile des responsables de la Commission électorale quelques jours avant le vote.

Un bilan délicat à assumer

Joseph Boakai avait lui-même pris ses distances avec la lauréate du Prix Nobel de la paix 2011. Il a en effet cherché à se démarquer de la partie la plus contestée du bilan de la présidente sortante : les difficultés économiques vécues par la grande majorité des Libériens et les accusations récurrentes de corruption, voire de népotisme.


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Un effort vain, puisque George Weah l’a emporté sur le vice-président le 26 décembre dernier, par 61,5 % des voix contre 38,5 %.

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