Politique

Cameroun : le président de la « République d’Ambazonie » arrêté au Nigeria, selon son mouvement

Sisiku Julius Ayuk Tabe, leader séparatiste de la partie anglophone du Cameroun, "président" de la république auto-proclamée d' "Ambazonie", en octobre 2017 aux États-Unis. © DR / Copie d'écran Youtube

Sisiku Julius Ayuk Tabe, président de l'auto-proclamée « République fédérale d'Ambazonie », et neuf autres cadres du mouvement séparatiste touchant les zones anglophones du pays auraient été interpellés au Nigeria. Ni les autorités nigérianes et ni celles du Cameroun n'ont pour l'instant confirmé cette information.

Dix cadres séparatistes se réclamant de « l’Ambazonie », du nom de la « République » indépendante dont les séparatistes camerounais ont proclamé l’indépendance le 1er octobre 2017, auraient été arrêtés vendredi au Nigéria, selon un communiqué du mouvement publié samedi soir. Parmi eux figurerait Sisiku Julius Ayuk Tabe, président de l’auto-proclamé « République d’Ambazonie ».

Ils auraient été interpellés dans un hôtel d’Abuja à l’occasion d’une réunion du mouvement qui devait aborder la question des réfugiés camerounais au Nigeria, affirme le communiqué. Le gouvernement camerounais suspecte régulièrement certains séparatistes d’utiliser le territoire nigérian comme base arrière et de s’y approvisionner en armes, la porosité de la frontière permettant des va-et-vient difficilement détectables.

Les autorités nigérianes et camerounaises n’ont pour l’instant pas confirmé ces arrestations. «Le ministre de la Communication qui porte la parole du gouvernement, ne relaie pas de la rumeur. Il relaie l’information (…) J’attends moi-même d’avoir le factuel, c’est à dire les éléments qui attestent ou infirment», a simplement commenté Issa Tchiroma Bakary, ministre la Communication du Cameroun.

Opération ville-morte

Suite à ces interpellations, les activistes ont annoncé un mouvement ville-morte pendant trois jours dans les zones anglophones.

Si ces arrestations venaient à être confirmées, elles pourraient entraîner un regain de tensions dans les zones anglophones. Dix membres des forces de l’ordre camerounaises ont été tuées entre octobre et décembre. Les autorités camerounaises tentent d’empêcher le déploiement de la branche militaire du Southern Cameroon National Council (SCNC), le mouvement sécessionniste qui veut installer la république d’Ambazonie dans les deux régions anglophones.

La minorité anglophone du pays – environ 20% des 23 millions d’habitants – proteste contre sa marginalisation. Si certains anglophones exigent le retour au fédéralisme, une minorité réclame la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse catégoriquement Yaoundé.

« J’ai instruit que tous ceux qui ont pris les armes, qui exercent des violences ou qui incitent à la violence, soient combattus sans relâche et répondent de leurs crimes devant la justice », a expliqué le président Paul Biya à l’occasion de ses vœux de fin d’année.

« Le dialogue a toujours été et restera toujours pour moi la voie privilégiée de résolution des problèmes, pour autant qu’il s’inscrive strictement dans le cadre de la légalité républicaine », a-t-il conclu.

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