Politique

La Tunisie annonce la reprise des vols d’Emirates

Des avions de la compagnie aérienne Emirates, à l'aéroport de Dubaï. © Kamran Jebreili/AP/SIPA

Le gouvernement émirati avait avancé un argument sécuritaire pour justifier l'interdiction imposée aux femmes tunisiennes d’embarquer sur les vols en direction des Émirats arabes unis.

La Tunisie a annoncé jeudi soir la reprise des vols de la compagnie Emirates vers son territoire « suite à la levée des mesures d’interdiction contre les citoyennes tunisiennes et après des contacts avec les Émirats à différents niveaux ». Un accord a été trouvé pour que la compagnie émiratie « s’engage à respecter le droit et les accords internationaux », a ajouté le ministère tunisien.

Interdiction temporaire

Discriminatoire, insultante, contraire aux règlements internationaux… les qualificatifs ne manquaient pas en Tunisie pour condamner la mesure prise par les Émirats arabes unis à l’encontre des voyageuses tunisiennes.

Le vendredi 22 décembre, un scandale avait éclaté en Tunisie lorsque les Tunisiennes, quel que soit leur âge, avaient été provisoirement empêchées d’embarquer sur des vols pour les Émirats arabes unis, sans qu’aucune explication ne leur soit fournie.

Selon des témoignages de passagères diffusés par les médias tunisiens, les employés de la compagnie Emirates leur avaient seulement dit que les porteuses d’un passeport tunisien n’étaient pas autorisées à se rendre aux Émirats, même pour une correspondance. Les hommes, eux, avaient été invités à embarquer.

Le ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, avait précisé que l’interdiction temporaire imposées aux femmes tunisiennes d’embarquer sur les vols en direction des Émirats arabes unis (EAU) était une précaution sécuritaire.

Relations tendues

Selon les renseignements émiratis, une femme détentrice d’un passeport tunisien devait exécuter un attentat à Dubaï. Mais aucun document en ce sens n’a été présenté aux autorités tunisiennes qui s’offusquent d’une décision injustifiée et du peu d’égard fait à leurs citoyennes. En réaction, la Tunisie avait fermé, le 24 décembre, ses aéroports à tous les vols d’Emirates Airways.

« Il y a des informations sécuritaires sérieuses chez les autorités émiraties sur la possibilité d’attentats terroristes », avait réagi la porte-parole de la présidence tunisienne, Saïda Garrach, sur les ondes de la radio Shems FM.

« Les données qu’elles ont, c’est que dans le cadre du retour des combattants (jihadistes) et leur sortie de Syrie essentiellement, et d’Irak », il existe « une possibilité d’attentat terroriste dans lequel seraient impliquées des femmes soit tunisiennes soit porteuses d’un passeport tunisien », avait-elle ajouté, laissant entendre que ces femmes pouvaient recourir à de fausses identités.

Pour Saïda Garrach, si la Tunisie peut « comprendre » les craintes émiraties, elle ne peut « accepter la manière dont les femmes tunisiennes ont été traitées » .

Depuis 2011, avec l’entrée en scène des islamistes dans le paysage politique tunisien, les relations tuniso-émiraties connaissent des hauts et des bas avec de régulières suspensions d’octroi de visas aux Tunisiens dont 30 000 résident aux EAU.

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