Sécurité

Côte d’Ivoire : les responsables catholiques s’expriment sur la situation politique, sécuritaire et sociale

Sanctuaire Marial d'Abidjan, en 2008. (Archive) © Nabil Zorkot

De l'appel à la libération des pro-Gbagbo au plaidoyer pour une meilleure sécurité dans l’ouest du pays en passant par la réconciliation et l’union des Ivoiriens : retour sur les déclarations de quelques-uns des principaux responsables catholiques du pays à l’occasion des fêtes du Nouvel An.

Le cardinal Jean-Pierre Kutwa, 73 ans, archevêque d’Abidjan est revenu sur la situation sécuritaire, notamment dans l’ouest de la Côte d’Ivoire qui a été le théâtre au cours du dernier trimestre 2017 de violences inter-communautaires qui ont causé la mort d’au moins sept personnes.

« S’il nous faut reconnaître que beaucoup de choses ont été faites en matière de sécurité, a indiqué Jean-Pierre Kutwa, le constat est qu’aujourd’hui encore, trop d’armes circulent dans notre pays et menacent dangereusement la paix et la sérénité de nos populations. Les attaques à mains armées répétées, les braquages, le phénomène des coupeurs de routes, des enfants en conflit avec la loi – dits « microbes » – ne sont pas de nature à créer la paix mais bien à engendrer les situations de déplacements des populations, toutes choses que nous réprouvons ».

Pour lui, « si nous voulons être crédibles aux yeux des générations futures, nous devons comprendre que l’unité s’impose pour raffermir la crédibilité de notre pays qui marche vers l’émergence que nous appelons de tous nos vœux ».

Par ailleurs, le cardinal a invité le gouvernement à mieux traiter « l’épineuse et délicate question des exilés, des prisonniers sans jugement, de l’école ivoirienne et de ses débouchés », et a également plaidé pour une meilleure distribution des fruits de la croissance.


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La question des détenus pro-Gbagbo

Plus direct et moins diplomate, Jean-Jacques Koffi Oi Koffi, l’évêque de San Pedro a pour sa part plaidé pour la libération des prisonniers pro-Gbagbo arrêtés à la suite de la crise postélectorale ou accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Évoquant la récente condamnation à vingt ans de prison de Hubert Oulaye, ex-ministre de la Fonction publique de Laurent Gbagbo, l’évêque de San Pedro a déclaré : « Nous avons appris que certains prisonniers ont été condamnés à vingt ans et plus. En mon âme de pasteur, nous sommes vers la fin d’année, et pour désirer la paix, il faut parler en homme de paix, en artisan de paix. C’est pourquoi j’invite le président de la République à revoir sa copie pour que la réconciliation puisse se faire. Il faut penser à ces prisonniers quel que soit ce qu’ils ont fait ».

Le chef de l’Église catholique de San Pedro a lancé un appel aux « hautes autorités, au président de la République et à tous ceux qui sont autour de lui afin que cette paix soit concrétisée en actes ».

Plaidoyer pour la paix à Bouaké

La paix, dans une ville comme Bouaké, épicentre des contestations militaires en 2017, revêt une importance capitale. Ainsi, Monseigneur Paul Siméon Ahouanan, 66 ans, archevêque métropolitain de Bouaké, a-t-il regretté ces « moments difficiles », où « nos frères ont pris des armes contre leurs propres frères ».

Affirmant que l’envie, la jalousie et le pouvoir sont « les maladies qui mettent en péril la paix », il a invité les Ivoiriens à l’amour et à l’union. « Si nous nous aimons, il n’y aura plus de guerre. Réunissons-nous dans la prière, dans la concorde, dans la fraternité, dans l’amour et faisons de notre ville, notre région, une ville et une région de paix, d’amour et de solidarité ».

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