Télécoms

Une année 2017 mouvementée pour les télécoms

Une femme vend des téléphone portables à Cotonou, au Bénin, le 24 février 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

À l'heure des bilans, force est de constater que l'année qui s'achève n'a pas été de tout repos pour les télécoms. Alors que l'Afrique a dépassé le milliard d'abonnés mobiles, retour sur les amendes, les pertes ou octrois de licences et les bras de fer qui ont marqué l'année.

  • L’Afrique de l’Ouest s’attaque au roaming

Alors que quatre pays d’Afrique de l’Est s’étaient engagés dès 2014 dans l’abolition des frais de roaming (la One Network Area entre le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda et le Sud-Soudan est entrée en vigueur au 1er janvier 2015), l’ouest du continent accumulait les retards en la matière. Le 31 mars dernier, l’initiative ouest-africaine de free-roaming est officiellement entrée en vigueur dans sept pays (Sénégal, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Burkina Faso, Togo et Sierra Leone), et le Bénin s’y est associé le 12 décembre.

  • De multiples amendes

Que ce soit à cause de la qualité insuffisante de leurs réseaux ou pour des manquements à l’information de leur clientèle, les opérateurs télécoms n’ont pas attendu 2017 pour se voir infliger de lourdes amendes par les États africains. En 2016, MTN en avait notamment fait les frais au Nigeria : l’opérateur sud-africain avait été condamné à verser une amende de près de 4 milliards de dollars pour des « manquements » en termes de sécurité.

Cependant, cette année a été particulièrement marquante, tant par les montants en jeux que par le nombre d’opérateurs et de pays en cause.

Ainsi, en septembre, Orange, MTN et Moov ont été respectivement condamnés à des amendes de 2,08 milliards de francs CFA (3,2 millions d’euros), 1,73 milliard de francs CFA et 1,15 milliard de francs CFA en Côte d’Ivoire. En octobre, les quatre opérateurs qui officient au Niger, à savoir Orange, Celtel, Moov et Sahel-Com, ont été condamnés à payer 3,5 milliards de francs CFA, à cause de la mauvaise qualité de leur réseau. Au Cameroun, c’est à l’opérateur historique, Camtel, qu’Orange s’est résigné à verser 1,6 milliard de francs CFA suite à un litige commercial. Une facture que l’opérateur français conteste toujours, mais qu’il a fini par accepter de payer « pour ne pas pénaliser sa clientèle », après plusieurs coupures.

Enfin, au Bénin, l’État est allé jusqu’à retirer sa licence à l’opérateur nigérian Glo, tandis que le bras de fer se poursuit avec la filiale locale de MTN (voir ci-dessous).

  • Etisalat et Millicom en recul

2017 a également été marquée par une chute que personne n’avait vu venir : celle de la filiale nigériane de l’émirati Etisalat, dont l’aventure s’est terminée fin juin après le défaut de paiement d’un prêt de 1,2 milliard de dollars (900 millions d’euros). Les repreneurs du réseau, renommé 9mobile et actuellement géré par un consortium de banques, devraient être connus le 31 décembre.

De son côté, Millicom poursuit son désengagement du continent, amorcé en 2016 avec la vente de sa filiale congolaise. Si la vente de Tigo Sénégal reste problématique (lire ci-dessous), l’opérateur a conclu avec succès celle de sa filiale rwandaise à Bharti Airtel en décembre et les négociations se poursuivent, notamment avec le Zimbabwéen Econet, pour ce qui est des filiales du Tchad et de la Tanzanie.

  • Alpha Telecom arrive enfin

Alors que la troisième licence malienne était attribuée depuis 2012 à Apollinaire Compaoré, la mise en service du nouvel opérateur s’est faite plus qu’attendre. C’est finalement en ce 28 décembre que le groupe burkinabè Alpha Communication tentera de se faire une place entre le français Orange et Maroc Télécom.

De son côté, Stéphane Richard, le patron d’Orange, interrogé par Jeune Afrique, avait cité le Bénin comme « cible potentielle » pour son groupe.

  • Wari/Millicom, une affaire en suspens

Si le retrait de Millicom, propriétaire de la marque Tigo, n’a été qu’une formalité en RDC, il a abouti au Sénégal à une véritable guerre – par communiqués interposés – entre l’opérateur et le groupe sénégalais de transfert d’argent. Cela après que Millicom a annoncé, le 31 juillet, l’annulation du contrat de vente de Tigo Sénégal, conclu le 7 février avec Wari et la cession de Tigo à un consortium contrôlé par Yerim Sow, Xavier Niel et la famille Hiridjee. Chaque société estime depuis être dans son droit : alors que Tigo Sénégal assure que le non-respect des échéances de paiement par Wari lui permettait d’annuler la vente en toute légalité, le groupe sénégalais de transfert d’argent assure avoir strictement observé les conditions du contrat de vente.

En novembre, chacune des deux parties a appelé la Cour internationale de la Chambre de commerce internationale de Paris.

  • MTN Bénin, un avenir incertain

Le 7 novembre, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep) du Bénin a ouvert une procédure de sanction contre la filiale locale de MTN, à qui elle reproche de n’avoir pas payé 134,435 milliards de francs CFA (205 millions d’euros) de redevances annuelles de gestion et d’utilisation des fréquences, au titre des années 2016 et 2017. Mais la filiale du groupe sud-africain risque aussi la suspension de sa licence, et a vu son directeur général, le Sud-Africain Stephen Blewett, sommé de quitter le territoire. Ce dernier a depuis été remplacé par Euloge Ahouantchede, mais la crise n’est pas close…

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