Droits de l’homme

Maroc : manifestations à Jérada après le décès de deux mineurs

"Bribes de vie", une série photographique réalisée par le photographe Mehdy Mariouch sur les mineurs oubliés de Jérada en 2015. © YouTube/Mehdy Mariouch

Des milliers de personnes se sont rassemblées ce lundi pour dénoncer la "marginalisation" de cette ancienne ville minière, après la mort de deux jeunes adultes dans un puits clandestin d'extraction de charbon.

Depuis samedi 23 décembre, des manifestations populaires secouent la ville de Jérada, dans le nord-est du Maroc. Des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées ce lundi 25 décembre, pour dénoncer la « marginalisation » de cette ancienne ville minière, après la mort de deux jeunes adultes dans un puits clandestin d’extraction de charbon. Le gouvernement s’est dit prêt, ce lundi, à recevoir les élus de la région dans la semaine.

Âgés de 23 et 30 ans, ces frères sont morts, vendredi 22 décembre, en effectuant des prélèvements dans les galeries clandestines d’une mine de charbon désaffectée. Leurs corps ont été extraits le lendemain.

Population en effervescence

Ces décès ont suscité une vive émotion chez la population locale, qui est depuis en effervescence. « Les gens sortent spontanément. Ce mardi matin, il n’y a pas eu de manifestations. Mais elles pourraient reprendre à tout moment », déclare à Jeune Afrique Mohammed Bounif, représentant local de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). 

Les manifestants ont notamment dénoncé « l’injustice » et la « marginalisation » de leur ville. Ils ont repris des slogans du mouvement de contestation du Hirak, qui a agité tout au long de l’année écoulée la région voisine du Rif (nord), selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Ancienne ville minière

La ville de Jérada, située à une soixantaine de kilomètres de la ville d’Oujda, capitale de la région de l’Oriental, est connue pour avoir longtemps abrité une importante mine de charbon, où travaillaient encore quelque 9 000 ouvriers au moment de l’annonce de sa fermeture à la fin des années 1990.

L’activité minière constituait alors la principale ressource des habitants, dont le nombre est passé depuis cette date de 60 000 à moins de 45 000. Malgré l’arrêt de l’activité des mines, les habitants de Jérada, une des villes les plus pauvres du Maroc, continuent d’y récupérer du charbon afin de le revendre, risquant ainsi leur vie. 

Le gouvernement prêt au dialogue

Lundi 25 décembre, le chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani, a déclaré devant le Parlement qu’il était disposé à recevoir cette semaine les élus de la région, pour discuter de ce drame qui a coûté la vie à deux citoyens.

Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’élucider les circonstances de leur décès.

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