Vie des partis

Maroc : Driss El Azami El Idrissi, la nouvelle star du PJD

Driss El Azami El Idrissi a été élu présidnet du Conseil national du Parti justice et développement (PJD) le 10 décembre 2017. © YouTube/PJD Communicationj

Ex-ministre délégué au Budget, député-maire de Fès, président du groupe parlementaire du parti et tout récemment porté à la tête de son Conseil national… L’étoile de Driss El Azami El Idrissi est à son firmament. Qui est-il ? D’où vient-il ?

Il est parvenu à récolter 912 voix, soit à peine 94 de moins que son concurrent. Dimanche 10 décembre, Driss El Azami El Idrissi, était à deux doigts de décrocher la chefferie du Parti justice et développement (PJD) face à Saadeddine El Othmani, mais il a hérité d’un poste tout aussi influent, celui de président du Conseil national, le Parlement de la formation islamiste. Là où se prennent toutes les décisions stratégiques.

Au lendemain du limogeage d’Abdelilah Benkirane de son poste de chef de gouvernement, Driss El Azami El Idrissi fait partie des premiers hauts cadres du PJD à renoncer à un poste ministériel. Une marque de fidélité indéfectible à l’égard de son chef de gouvernement auquel il doit l’évolution de sa carrière politique.

En 2012, lors de la formation de son cabinet, Benkirane choisit ce haut cadre de la direction du Trésor en tant que ministre délégué chargé du Budget. « Il a toujours été une des têtes pensantes du parti, contribuant à l’élaboration des programmes électoraux et donnant un coup de main aux parlementaires de sa formation politique sur les dossiers sensibles », nous explique un de ses proches.


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Mais avant de devenir le financier attitré du parti, ce natif de Fès, en 1966, avait d’abord choisi une formation de chimiste, discipline dans laquelle il décroche une licence en 1989. Son départ en France, une année plus tard, pour un doctorat en chimie appliquée à Poitiers, lui donne néanmoins goût à l’administration et à l’économie. Des domaines dans lesquels il collectionne les diplômes : Institut d’administration des entreprises de la Sorbonne, études financières et bancaires à Marseille, cycle supérieur de l’École nationale d’administration de Rabat…

Un fidèle lieutenant de Benkirane

Au département des Finances où il fait toute sa carrière, ce père de deux enfants est réputé pour être un gros travailleur, calme et serein. « Il n’a jamais compté ses heures de travail et a cette capacité de maîtriser rapidement les dossiers », nous explique un cadre du ministère.

Au sein de sa formation politique, Driss El Azami a pu accéder au secrétariat général du parti au lendemain du Congrès de 2012 qui a accordé à Abdelilah Benkirane son deuxième mandat à la tête du parti. C’est d’ailleurs le chef de gouvernement qui lui délivre l’accréditation pour se présenter dans la ville de Fès où il aparvient à détrôner Hamid Chabat (alors patron de l’Istiqlal) en tant que maire de la capitale spirituelle, au lendemain des élections communales de 2015.

Une année plus tard, El Azami décroche haut la main son fauteuil de député lors des législatives et prend même la présidence du groupe parlementaire du parti à la Chambre des représentants, en remplacement de Saadeddine El Othmani qui a été nommé chef de gouvernement.

Un soutien critique

C’est à Driss El Azami que l’on doit cette formule que « le groupe PJD n’accordera pas de chèque en blanc au gouvernement El Othmani. » Le groupe parlementaire de la formation qui dirige le gouvernement se contente en effet d’apporter « un soutien critique et constructif à l’Éxécutif ».

En revanche, le soutien à Abdelilah Benkirane d’El Azami et la majorité de ses députés est sans faille. C’est d’ailleurs la mise à l’écart de son mentor qui n’a pas pu postuler pour un troisième mandat, qui incite l’ancien ministre à se porter candidat pour concurrencer Saadeddine El Othmani au poste de secrétaire général du parti lors du dernier congrès.

Son élection à ce poste illustre un équilibre des forces au sein de la formation islamiste, toujours divisée entre le courant des ministres d’El Othmani et les supporteurs d’Abdelilah Benkirane, dont certains appellent même au retrait du gouvernement.

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