Politique

Maroc : la purge royale atteint le ministère de l’Intérieur

Mohammed VI, le roi du Maroc, à Paris, le 9 février 2015. © Christophe Ena/AP/SIPA

Avant de s'envoler à Paris pour assister au sommet mondial sur le climat, le roi du Maroc a ordonné de nouvelles sanctions qui ont touché des agents du très influent ministère de l'Intérieur. Le motif avancé reste le même : la reddition des comptes.

Un communiqué royal aux allures de couperet est à nouveau tombé ce lundi 11 décembre. Il annonce que le roi Mohammed VI a ordonné de nouvelles sanctions à l’égard de 180 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur de différents grades. Un wali et six gouverneurs ont été suspendus de leurs fonctions et seront traduits devant les conseils disciplinaires compétents. La même sanction a été prononcée à l’égard de 86 agents d’autorité ayant différents statuts administratifs (caids, pachas, khlifas…). Tandis que 87 autres agents ont reçu des blâmes.

Les raisons de ces sanctions ont été formulées dans des termes assez vagues. Ils auraient « failli à leurs responsabilités ». Elles interviennent en tout cas après les nombreux limogeages ordonnés par le roi depuis octobre suite à un rapport sévère de la Cour des comptes épinglant la responsabilité de plusieurs acteurs publics dans le retard de la réalisation des projets de la ville d’Al Hoceima. Cette province a connu des contestations populaires depuis la mort tragique d’un poissonnier en octobre 2016.

Colère royale

Le 24 octobre, le roi du Maroc avait limogé une première vague de ministres et de hauts fonctionnaires. La deuxième interviendra en novembre et concernera cette fois des secrétaires généraux de ministères. Mohammed VI avait annoncé une nouvelle politique de reddition des comptes, qui ne se limite pas à la seule province d’Al Hoceima mais englobe toutes les régions.

Le ministère de l’Intérieur avait alors été chargé de mener des investigations sur le travail accompli par ses agents sur le terrain ainsi que sur la performance des Centres régionaux d’investissement (CRI) qui sont sous sa houlette.

C’est cet ordre du jour qui a été examiné lors de l’audience royale de ce lundi, qui a réuni autour du roi son conseiller Fouad Ali El Himma, le chef du gouvernement Saadeeddine El Othmani, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et le président de la Cour des Comptes, Driss Jettou.

Pendant cette audience, le président de la Cour des comptes a en effet remis au roi un nouveau rapport portant spécifiquement sur les manquements relevés dans l’action des CRI, organismes publics qui agissent comme des guichets uniques et sont chargés de faciliter les procédures administratives aux investisseurs.

Des pratiques « bureaucratiques »

La Cour des Comptes a épinglé leurs pratiques « bureaucratiques ». Ses investigations ont montré que ces CRI ne s’impliquent pas dans leurs missions et renvoient d’une manière injustifiée les dossiers qu’ils recevaient aux services centraux à Rabat.

La Cour leur reproche aussi le manque de suivi post-création d’entreprises, la non-assistance aux petites et moyennes entreprises et l’absence de données régionales sur l’investissement.

Sur instruction royale, le gouvernement a un délai de deux mois pour remédier à ces « anomalies », en mettant notamment l’accent sur les petites et moyennes entreprises qui pâtissent le plus des effets néfastes de ces pratiques « bureaucratiques » dénoncées par le rapport.

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