Sécurité

Centrafrique : tirs à l’arme lourde à Kaga-Bandoro lors de l’installation du nouveau préfet

Faustin-Archange Touadéra (d.), le président centrafricain, et Parfait Onanga Anyanga, représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, en août 2016 à Kaga-Bandoro. © Flickr / Creative Commons / Minusca

L’installation du préfet Kaga-Bandoro a été marquée par de violents affrontements, samedi. Les positions des Casques bleus de la Minusca à Kaga-Bandoro, dans le centre du pays, ont été la cible de tirs de mortiers. Une attaque attribuée à des combattants de l’ex-Séléka qui s’opposent depuis plusieurs mois à l’installation de ce représentant de l’État dans la ville.

L’État centrafricain peine à reprendre pied dans les territoires soumis aux groupes armés. Les événements qui ont marqué, samedi 9 décembre, l’installation du colonel Augustin Toumbou, nouveau préfet de la région de Nana Gribizi, en sont une preuve supplémentaire.

Le déploiement de force de la Minusca, sous la protection de laquelle s’est déroulée la cérémonie d’installation, n’aura pas suffi à intimider les groupes armés qui ont semé la panique dans la ville.


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Tôt samedi, à Kaga-Bandoro, chef-lieu de Nana Gribizi, située à environ 400 km au nord de Bangui, une roquette a d’abord été tirée sur la position des Casques bleus. Un site où sont également abrités plus de 20 000 déplacés internes.

Un peu plus tard, en milieu de matinée, et alors que la cérémonie d’installation du nouveau préfet était en cours, ce sont des tirs de mortiers qui ont ciblé des édifices publics. Une grenade a notamment été lancée sur les bureaux du préfet.

L’armée nationale a fait défaut

Plusieurs dizaines d’assaillants, juchés sur des motos et lourdement armés, ont sillonné la ville avant ces attaques, tirant notamment des coups de feu, selon une source de Jeune Afrique. Dans la matinée plusieurs bâtiments publics ont aussi été incendiés. Hormis les dégâts matériels, aucune victime n’a été à déplorer.

« L’armée nationale a fait défaut et nous avons été obligé de compter sur les 27 véhicules des Casques bleus qui ont fait le déplacement à Kaga-Bandoro, vendredi, pour installer le préfet », a déclaré à Jeune Afrique Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain, qui « tient à la restauration de l’autorité de l’État ».

MPC et FPRC s’opposaient à l’arrivée du préfet

Si les assaillants n’ont pour l’heure pas été formellement identifiés, des sources au sein du gouvernement et de la mission de l’ONU dans le pays pointent la responsabilité de combattants de l’ex-Séléka.

Depuis sa nomination en septembre dernier, le colonel Augustin Toumbou n’avait en effet pas pu prendre ses fonctions, face à l’opposition exprimée par des responsables de l’ex-Séléka, notamment le Mouvement patriotique centrafricain (MPC) de Mahamat Al-Khatim et le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam.

Le nouveau préfet, dont les bureaux ont été incendiés, a pour le moment pris ses quartiers sur le camp de la Minusca, dont le porte parole, Vladimir Monteiro, « appelle la population au calme ».

Dans un message sur son compte Twitter, il a tenu à préciser que « la Force de la Minusca sécurise la zone et patrouille dans Kaga-Bandoro », et que la Minusca « réitère son soutien aux autorités légitimes de République centrafricaine dans leurs efforts pour la restauration et le renforcement de l’autorité de l’État par la mise en place de toutes les institutions qui représentent l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national ».

 

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