Finance

Selon Pierre Moscovici, la Tunisie pourrait sortir de la liste des paradis fiscaux de l’UE dès janvier 2018

Pierre Moscovici en juillet 2016 © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le commissaire aux Affaires économiques de l'UE, Pierre Moscovici, a déclaré que la Tunisie pourrait sortir de la liste des paradis fiscaux dès janvier 2018. Alors que deux points doivent encore être éclaircis en vue d'un réexamen par l'UE, le financier Dominique Nouvellet appelle les investisseurs à « ne pas tenir compte de cette décision inique ».

« Je souhaite que la Tunisie puisse sortir très vite de cette liste », a assuré Pierre Moscovici lors d’une conférence de presse organisée à Paris jeudi 7 décembre.  « La Tunisie est sur la liste noire parce qu’elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets, mais personne n’a envie qu’elle y reste », a affirmé le commissaire aux Affaires économiques de l’Union européenne.

La Tunisie sortira de la liste noire très vite, peut-être au prochain Ecofin

« Nous allons examiner les engagements [de la Tunisie] très rapidement et s’ils sont crédibles et respectés, la Tunisie sortira de la liste noire très vite, peut-être au prochain Ecofin », le conseil pour les Affaires économiques et financières de l’UE, dont la prochaine réunion est prévue en janvier, a-t-il précisé. Pour Moscovici, le fait que la Tunisie soit sur la liste noire « ne doit en rien remettre en cause la solidarité avec un pays ami et le soutien que l’UE apporte à un processus de transition délicat et à des problèmes de développement ».

« Sur le fond, il y a deux éclaircissements qui sont attendus, un sur l’offshore et un sur les prestataires de services financiers » a déclaré Patrice Bergamini, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, sur les ondes de la Radio nationale tunisienne mercredi 7 décembre. « La première touche à des questions d’équité fiscale, c’est-à-dire de redistribution de la richesse et de compétitivité de l’économie tunisienne. Et la deuxième relève des questions de risque d’évasion fiscale par les services financiers »

La deuxième lettre, nous l’avons reçue lundi soir, la veille de la réunion des ministres

« Le ministère [tunisien] des Finances nous a déjà envoyé deux lettres. La deuxième lettre, nous l’avons reçue lundi soir, la veille de la réunion des ministres [qui s’est tenue le 6 décembre] alors qu’une date butoir était posée dès novembre » a-t-il dévoilé, rappelant que l’Union européenne avait travaillé en liaison avec le gouvernement tunisien jusqu’au dernier moment pour éviter le classement du pays sur la liste noire.

« Ces deux questions vont trouver des réponses et des solutions, je n’en doute pas. Nous avons déjà d’ailleurs un plan de sortie de crise et des discussions sur le calendrier », rappelant que la liste européenne avait été construite « sur la base de critères internationaux visant à lutter contre le blanchiment et l’évasion fiscale ».

Consternation à Tunis

Dans un communiqué, le ministère tunisien des Affaires étrangères a exprimé « sa surprise et sa consternation devant cette classification qui ne reflète pas ses efforts pour se conformer aux exigences internationales de transparence fiscale ».

 

Du côté des investisseurs, le financier Dominique Nouvellet, président d’Euromed Capital, fondateur du groupe Siparex et administrateur de Tuninvest Finance Group (holding de Africinvest), s’est également déclaré « consterné » par la décision de l’Union européenne de placer la Tunisie sur la liste des paradis fiscaux.

« Depuis le départ de Ben Ali, la Tunisie fait des efforts considérables pour implanter la démocratie au milieu de difficultés innombrables et voilà qu’une décision est prise qui peut ruiner son image sur le plan international et donc la déséquilibrer. » rajoute-t-il.

Selon lui, « non seulement les investisseurs internationaux mais aussi les agences gouvernementales d’aide au développement risquent d’être ébranlés dans leur confiance à l’égard de ce pays. »

J’invite tous les décideurs privés à ne pas tenir compte de cette décision inique

Dominique Nouvellet a personnellement parrainé le premier fonds franco-tunisien de capital investissement à destination des PME françaises qui veulent se développer en Tunisie et des PME tunisiennes qui veulent se développer en France, avec les financements de BPI France et de la Caisse des dépôts tunisienne.

« Que faire désormais ? Poser notre crayon ou continuer ? Bien sûr la réponse est : nous continuons. J’invite tous les décideurs privés à ne pas tenir compte de cette décision inique et les États de l’Union européenne à prendre conscience de leur responsabilité en la retirant au plus vite » conclut-il.

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