Diplomatie

Francophonie : comment Kako Nubukpo s’est retrouvé sur la sellette à l’OIF

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 16 mai 2019 à 12h29
Kako Nubukpo (Togo), à Paris le 4 septembre 2015.

Kako Nubukpo (Togo), à Paris le 4 septembre 2015. © Bruno levy pour JA

L’économiste togolais, habitué des sorties médiatiques critiques envers le franc CFA, a été suspendu de son poste de directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF. En cause : un texte, publié fin novembre.

Selon nos informations, Kako Nubukpo a été suspendu de ses fonctions de directeur de la Francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, début décembre, après avoir refusé de démissionner. Cette décision fait notamment suite à la publication, le 29 novembre, sur le site Le Monde Afrique, d’une tribune intitulée « Franc CFA : les propos de M. Macron sont “déshonorants pour les dirigeants africains” ».

Dans ce texte, l’économiste, qui fut ministre de la Prospective de Faure Gnassingbé, dénonce la vision « imprécise et caricaturale » qu’a le chef de l’État français de cette monnaie. Il a été aussitôt convoqué par la direction de l’OIF, qui estime que cette « mesure disciplinaire » se justifie par son « incapacité à respecter son devoir de réserve ».

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Coïncidence ? Lors de l’Assemblée générale de l’ONU de septembre, à New York, Alassane Ouattara avait signifié à Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’OIF, en présence de leurs deux délégations, qu’il ne comprenait pas que Nubukpo puisse rester en poste malgré ses sorties médiatiques à répétition sur le franc CFA… Ce dernier considère de son côté que, « la monnaie faisant partie de l’économie », il est en droit de s’exprimer sur ce sujet.

« Contre la servitude monétaire »

Ce n’est pas Kemi Seba qu’il aurait fallu arrêter, mais la conspiration du silence qui a longtemps prévalu autour de cet enjeu

En septembre dernier, l’économiste signait ainsi une tribune dans Jeune Afrique, intitulée « Franc CFA : contre la servitude monétaire », à la suite de « l’affaire Kemi Seba », au Sénégal.

« Ce n’est pas Kemi Seba qu’il aurait fallu arrêter, mais bien la conspiration du silence qui a longtemps prévalu autour de cet enjeu. Qu’on songe aux dénégations rituelles des ministres français des Finances à propos de la responsabilité – pourtant évidente – de la France dans cette dépendance monétaire, à la politique de l’autruche adoptée par les chefs d’État africains, dont la crainte d’aborder la question est d’autant plus forte que leur légitimité est de plus en plus contestée face à une jeunesse impatiente et désœuvrée », écrivait-il alors.

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