Droits de l’homme

Esclavage : le Niger rapatrie plus de 500 ressortissants de Libye

Des migrants subsahariens pris en charge par le HCR mi-octobre 2017, après avoir été découverts aux alentours de Sabratha, où ils étaient retenus prisonniers par des milices. © DR / UNHCR

Le Niger a évacué plus de 500 de ses ressortissants présents en Libye dans le cadre d'un plan de rapatriement d'urgence mené par le gouvernement. Des milliers d'autres sont candidats au retour, a annoncé jeudi le ministère nigérien des Affaires étrangères.

« Ce sont 504 de nos compatriotes vivant en Libye qui sont rentrés ce soir à la maison. Des milliers d’autres sont encore en Libye et nous ramènerons tous ceux qui le souhaitent », a indiqué Ibrahim Yacoubou, le ministre nigérien des Affaires étrangères, qui a accueilli les rapatriés mercredi à l’aéroport de Niamey.

« D’ores et déjà, des bus ont été affrétés pour acheminer ces rapatriés dans leurs villages respectifs », a assuré Bazoum Mohamed, le ministre de l’Intérieur.

Je me sens soulagé d’avoir quitté cet enfer-là

« Je me sens soulagé d’avoir quitté cet enfer-là. Bien que c’est l’anarchie en Libye, nous n’étions pas au courant de la vente de migrants. En revanche les demandes de rançons sont légion », a témoigné un des rapatriés visiblement très fatigué.

Quelque 4 000 Nigériens vivant en Libye se sont déjà inscrits comme « candidats au retour volontaire », précise un communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui promet de les rapatrier par « des « rotations aériennes ».

Colère et indignation sur le continent

Depuis la fin de la révolte qui a renversé en 2011 le régime de Mouammar Kadhafi, la Libye est morcelée et sous la coupe de milices rivales. L’insécurité a poussé de plus en plus d’immigrés, souvent présents depuis des années, à tenter la traversée de la Méditerranée au risque de naufrages meurtriers. Quelque 250 000 Nigériens étaient par ailleurs déjà rentrés dans leur pays pour fuir les violences post-Kadhafi.

Après des révélations de vente de migrants noirs comme esclaves en Libye, unanimement condamnée, plusieurs États africains ont lancé des opérations de rapatriement de leurs ressortissants.

Fin novembre, le président nigérien Mahamadou Issoufou a appelé la Cour pénale internationale (CPI) à se saisir du dossier sur la vente de migrants africains comme esclaves en Libye.

Agadez, la plus grande ville du nord du Niger aux portes du Sahara, est une plaque tournante du trafic d’êtres humains voulant gagner l’Europe via la Libye voisine. Le durcissement des mesures législatives et des contrôles sécuritaires aux frontières, avec l’aide de l’UE, ne semblent pas décourager migrants et passeurs.

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