Culture

Aux racines de la musique noire

Par - Marc Rosenfeld
Mis à jour le 1 juillet 2014 à 16:11

Alors que l’exposition « Great Black Music » se poursuit jusqu’au 24 août à la Cité de la musique (Paris), un coffret original la complète.

Parfait, peut-être pas – mais pas loin. Voilà un coffret instructif et franchement jubilatoire, très représentatif de la black music, de ses racines comme de sa musicalité. Les passionnés y retrouveront nombre d’éléments qui ont fait sa force et sa créativité : les progressions harmoniques typiques du blues, le phrasé swing, cette manière de penser le temps, toujours un peu décalée, les descentes de quintes, le scat, les notes attrapées "par en dessous", les accents sur les deuxième et quatrième temps…

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Toutes ces choses un peu techniques qui, justement, dans la black music, ne sonnent pas comme une technique. C’est vivant, joyeux, douloureux, ni l’un ni l’autre, un peu les deux. La qualité des enregistrements est très bonne, le son très présent, sans jamais être saturé. Un travail superbe mis au service de thèmes qui s’enchaînent dans des styles différents, mais que l’on prend plaisir à écouter pour eux-mêmes et pas seulement comme des témoignages du passé. L’approche historique, elle, permettra, livret sous les yeux, d’être surpris par la modernité de nombre de morceaux.

On pourra peut-être regretter que Dizzy Gillespie n’apparaisse qu’en invité de Charlie Parker, ou que James Brown et John Coltrane ne s’illustrent que d’une manière encore éloignée de leur pouvoir d’affranchissement aux règles esthétiques de leur genre musical. On pourra aussi se demander pourquoi le son Motown n’est pas cité, ou pourquoi l’histoire s’arrête pour l’heure en 1962. Mais ce ne sont là que petites imperfections sans importance. On ne se lasse pas d’écouter, de découvrir, d’être surpris, et de réécouter. Un plaisir constant. Et très grand.