Société

BD : « Le Monde d’Aïcha », ou la vie derrière le niqab

Mis à jour le 11 juillet 2014 à 12:46

Inspiré du travail de la photographe Agnès Montanari, l’album  » Le Monde d’Aïcha » évoque la situation des femmes yéménites et leur combat quotidien pour exister. Un regard sans préjugés.

La révolution yéménite de 2011 et la remise du prix Nobel de la paix à la militante Tawakkul Karman avaient permis de braquer, pendant quelques semaines, les projecteurs sur la situation des femmes au Yémen. Mais que sait-on vraiment de ce pays, l’un des plus pauvres au monde, et de la vie de ses habitantes ?

Dans Le Monde d’Aïcha, le dessinateur italien Ugo Bertotti met en images les improbables rencontres entre la photographe Agnès Montanari et des femmes yéménites, qui l’ont accueillie dans leurs foyers et lui ont raconté leurs vies. À travers un dessin sobre, en noir et blanc, la bande dessinée nous révèle le quotidien de "ces oiseaux mystérieux, ces ombres noires que l’on croise dans les rues de Sanaa et qui ne diffèrent que par leur taille".

Un pays où 95% des femmes portent le niqab

Dans ce pays tribal, où 95 % des femmes portent le niqab et où la majorité d’entre elles sont mariées de force avant leurs 15 ans, Agnès Montanari a voulu leur restituer une individualité et ne pas se contenter de porter un regard occidental sur leurs destins. Derrière l’impersonnel voile noir, se dégagent alors les personnalités d’Aïcha, de Sabiha ou de Hamedda, toutes victimes de l’archaïsme, mais décidées à faire évoluer leur société.

Une plongée passionnante et sans préjugés dans un pays qui n’intéresse que peu les médias mais où les droits de la femme, bafoués au quotidien, sont l’objet d’une lutte, silencieuse, au jour le jour.