Société

Moines de Tibéhirine : Marc Trévidic excédé par les reports de sa visite à Alger

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Mis à jour le 9 juillet 2014 à 16:37

Le juge antiterroriste français Marc Trévidic a fait part de son mécontentement mercredi face aux reports incessants de sa visite à Alger. Où il est censé procéder à l’exhumation et à l’expertise des têtes des moines de Tibéhirine, assassinés en 1996.

Marc Trévidic, le juge français chargé de l’enquête sur l’assassinat des moines français de Tibéhirine, en 1996, s’est montré excédé, mercredi 9 juillet, des reports de sa visite en Algérie.

Cette année, le magistrat antiterroriste a dû changer la date de son déplacement à Alger à deux reprises, faute d’avoir reçu une invitation officielle. L’Algérie avait pourtant accepté qu’il aille faire procéder à l’autopsie des têtes des religieux décapités.

Marc Trévidic a fait part de son désarroi sur les ondes de la radio France Inter. "La justice algérienne a promis que ça se ferait mais rien ne se passe." Le juge d’instruction s’est plaint de ne pas avoir de date. "En septembre-octobre, une bonne fois pour toutes, il va falloir savoir si on se moque de nous ou pas", a-t-il dit.

Le magistrat a rappelé le caractère "obligatoire" de sa visite dans l’enquête criminelle compte tenu de l’autopsie. "Personne ne comprendrait qu’elle n’ait pas lieu", a-t-il déclaré. Une fois à Tibéhirine, le juge doit faire exhumer et expertiser les têtes des sept moines, enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère près de Medea, au nord-ouest du pays.

En mai, lorsque la visite de Marc Trévidic avait été reportée pour la seconde fois, le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, avait assuré qu’il n’existait aucun différend entre les justices algérienne et française concernant cette enquête.

"Je ne vais pas m’immoler par le feu pour un dossier"

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait estimé, en juin, à son retour d’Alger, qu’il était possible que Marc Trévidic soit autorisé à se rendre en Algérie quelques jours plus tard.

"Laurent Fabius a fait des efforts, il revient avec des bonnes paroles mais rien ne s’est passé depuis, a déploré M. Trévidic. Je ne peux pas dire plus que : ‘envoyez-moi la date qui vous convient et nous viendrons’. Qu’est ce que vous voulez que je fasse d’autre ? Je ne vais pas m’immoler par le feu pour un dossier."

Le Quai d’Orsay a assuré que le principe de la prochaine visite du juge n’était pas remise en cause. "Nous espérons qu’elle pourra intervenir prochainement", a déclaré le porte-parole du ministère Romain Nadal.

Fin 2013, l’Algérie avait donné son feu vert aux expertises. Une autopsie des têtes des moines pourrait éclairer les enquêteurs sur les conditions des assassinats.

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Le rapt des religieux avait été revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA), mais l’enquête s’est aussi orientée vers une possible bavure de l’armée algérienne.

(Avec AFP)