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Cet article est issu du dossier «Ces futurs ports qui changeront la donne»

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Économie

Mediterranean Shipping Company peut-il réanimer le port de San Pedro ?

Le port de San Pedro est l'une des principales portes commerciales de la Côte d'Ivoire.

Le port de San Pedro est l'une des principales portes commerciales de la Côte d'Ivoire. © AFP

Le groupe italo-suisse Mediterranean Shipping Company a de grandes ambitions pour le deuxième port ivoirien. Mais pour l’instant, celui-ci est encore loin de ses objectifs de départ.

Le groupe italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC) voit grand pour le port ivoirien de San Pedro. En mai, Diego Aponte, son président, recevait dans son quartier général de Genève Hilaire Lamizana, le directeur général de San Pedro, pour lui répéter ses ambitions. MSC, qui a obtenu la concession du terminal à conteneurs en 2008 pour quinze ans, prévoit de faire du deuxième port ivoirien (après Abidjan) le premier port de transbordement de l’Afrique de l’Ouest. Fin août, l’armateur a acheminé une quatrième grue sur la plateforme portuaire de l’Ouest ivoirien afin d’accroître le rendement des transferts de marchandises.

Infrastructures modernes

Avant même la mise en fonction de cette dernière, la configuration en eau profonde de San Pedro – qui lui permet d’accueillir de gros navires – affichait des délais de traitement très satisfaisants. Dès lors que le bateau est à quai, la sortie des marchandises s’effectue en deux jours, contre sept à Abidjan.

Grâce aux infrastructures modernes dont dispose le port, des lignes directes de transbordement jusqu’à Monrovia (Liberia), Takoradi et Tema (Ghana), Cotonou (Bénin), Libreville (Gabon) représentent plus de 70 % des opérations, soit 2,9 millions de tonnes de marchandises traitées en 2013, contre 1,9 million de tonnes en 2012. Les activités classiques d’import-export, entre autres de cacao, complètent son chiffre d’affaires.

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Le nombre de navires faisant escale à San Pedro progresse : de 369 en 2010, il est passé à 518 en 2012 et à 533 en 2013. À terme, pour renforcer sa vocation de port d’exportation, l’objectif est d’atteindre une capacité de traitement annuel de 720 000 EVP de conteneurs, contre plus de 330 000 EVP actuellement. « Nous prévoyons d’atteindre un trafic de 4,5 millions de tonnes de marchandises fin 2014. Cet objectif devrait être tenu car les tendances sont bonnes », a confié la direction du port.

Plus de 10 milliards de F CFA (15,2 millions d’euros) ont été investis par MSC pour accroître la capacité opérationnelle de San Pedro, dont la cadence, de 18 mouvements l’heure auparavant, s’établit à présent entre 38 et 48 mouvements l’heure. « Depuis le premier semestre 2014, l’armateur a ouvert une liaison directe, Africa Express, entre les grands ports asiatiques et celui de San Pedro », explique une source proche de l’entreprise.

Montée en puissance

Pour l’heure, San Pedro demeure néanmoins un port mineur, loin de l’objectif de 12 millions de tonnes affiché lors de sa création au cours des années 1980. Depuis 2013, c’est à l’Italien Fabio Politi, successeur du Français Nicolas Houard au poste de directeur général de MSC en Côte d’Ivoire, qu’échoit la mission de poursuivre la montée en puissance du site. Il devra notamment faire rallonger de 1 km le quai du terminal à conteneurs linéaire, dont le tirant de 15 m d’eau pourrait alors accueillir les navires longs de 400 m. Mais l’entreprise doit actuellement faire face à des problèmes de solidité des fondations existantes pour terminer l’ouvrage.

Les investissements de MSC s’ajoutent à ceux de l’État, qui mise aussi sur le développement du port, idéalement placé pour servir de point de chute aux gisements miniers prometteurs du Grand Ouest ivoirien. Terminaux pétroliers et minéraliers, chemin de fer, complexe industriel, au total, plus de vingt-cinq projets sont en attente. « À terme, l’État ivoirien prévoit d’investir plus de 8 243 milliards de F CFA dans le port de San Pedro », estime Gaoussou Touré, le ministre des Transports. La plupart sous la forme de partenariats public-privé. L’entreprise chinoise CCCC-FHDI a été recrutée pour parachever les études des travaux d’extension, au plus tard en février 2015.

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