Politique

Gaza : Israël accepte la proposition égyptienne de trêve, le Hamas exige la fin du blocus

Le cabinet de sécurité israélien a accepté, mardi, la proposition égyptienne de cessez-le-feu. Le mouvement islamiste palestinien du Hamas l’a refusée, exigeant notamment la fin du blocus.

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Mis à jour le 15 juillet 2014 à 10:19

Des fusées éclairantes de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le 14 juillet 2014. © AFP

Une semaine après le déclenchement de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, baptisée "haie de protection", Israël a accepté, mardi 15 juillet, la proposition de trêve de l’Égypte. Le porte-parole du Premier ministre, Ofir Gendelman, a annoncé cette décision sur son compte Twitter.

Lundi, Le Caire avait suggéré un cessez-le-feu à partir de mardi, dès 6H00 GMT. Le mouvement islamiste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a écarté en l’état cette proposition tant qu’elle n’inclurait pas un accord complet sur le conflit qui l’oppose à Israël. Fawzi Barhoum, le porte-parole du Hamas, a dit qu’un cessez-le-feu sans parvenir à un accord était exclu. "En temps de guerre, on ne cesse pas le feu pour ensuite négocier", a-t-il ajouté.

La branche armée du Hamas a elle aussi rejeté lundi l’initiative égyptienne, qualifiée de "reddition", et a menacé d’"intensifier" sa lutte contre Israël. Le Hamas exige l’arrêt des bombardements, la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l’ouverture du poste-frontalier de Rafah avec l’Égypte et la libération des prisonniers arrêtés de nouveau après avoir été relâchés dans le cadre de l’accord d’échange du soldat israélien Gilad Shalit en 2011.

Un "arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestes"

L’initiative égyptienne prévoit un "arrêt total des hostilités aériennes, maritimes ou terrestres" et l’ouverture dans la foulée de négociations sur l’entrée des biens et des personnes dans l’enclave palestinienne sous blocus. L’Égypte propose d’accueillir sous 48 heures après l’entrée en vigueur de la trêve deux délégations palestinienne et israélienne pour ouvrir ces discussions indirectes.

La Ligue arabe a appelé dans la nuit de lundi à mardi Israéliens et Palestiniens à accepter cette proposition, saluée aussi par le président américain Barack Obama. "J’espère (qu’elle) permettra de rétablir le calme", a-t-il déclaré. Il a estimé qu’Israël avait le droit de se défendre contre des attaques "inexcusables" tout en décrivant les morts de civils palestiniens comme une "tragédie".

Son homologue palestinien, Mahmoud Abbas, s’est également félicité de l’initiative égyptienne et a appelé les parties à respecter le cessez-le-feu. L’émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, a salué l’offre du Caire qui pourrait "arrêter la perte tragique de vie humaine, les roquettes sur Israël".

À Washington, la Maison Blanche a mis en garde contre une offensive terrestre "parce que cela mettrait en danger davantage de civils", tout en répétant qu’Israël avait le "droit" et la "responsabilité" de protéger ses citoyens. John Kerry s’est dit à nouveau prêt dimanche à faciliter une cessation des hostilités.

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Les hostilités n’ont pas cessé sur le terrain

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a estimé que "trop de civils palestiniens" avaient été tués et a redouté qu’une éventuelle offensive terrestre ne vienne alourdir ce bilan.

La Ligue arabe a, elle, exhorté la communauté internationale à protéger Gaza, faisant écho à une demande dimanche du président Mahmoud Abbas de "placer officiellement l’État de Palestine sous le régime de protection internationale de l’ONU".

Sur le terrain, les hostilités n’ont pas cessé. En une semaine, les raids aériens israéliens dans la bande de Gaza ont fait 186 morts et près de 1 300 blessés, selon un dernier bilan des services de secours qui dépasse les 177 morts palestiniens enregistrés lors de l’offensive de novembre 2012.

Pour la première fois depuis le début de l’opération à Gaza, un Palestinien de 20 ans a été tué en Cisjordanie dans des heurts avec l’armée lors d’une manifestation lundi matin. Israël a aussi poursuivi sa campagne de répression en Cisjordanie occupée, en arrêtant 23 Palestiniens dans la nuit, dont 11 députés du Hamas.

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La spirale de violences actuelles a été enclenchée après l’enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens près de Hébron en juin, attribués par Israël au Hamas, suivis de l’assassinat d’un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois extrémistes juifs doivent être inculpés dans les prochains jours.

Selon l’armée israélienne, plus de 800 roquettes ont atteint le territoire de l’Etat hébreu en une semaine. Elles ont fait quatre blessés graves. En 2012, six Israéliens avaient été tués.

(Avec AFP)