Politique

Libye : reprise des combats à l’aéroport de Tripoli malgré l’annonce d’un cessez-le-feu

Des combats entre milices ont repris vendredi autour du site stratégique de l’aéroport de Tripoli, seulement quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu.

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Mis à jour le 18 juillet 2014 à 18:29

La carcasse calcinée d’un avion à l’aéroport de Tripoli, lundi 14 juillet. © AFP

L’annonce d’une trêve n’y aura rien fait : quelques heures à peine après l’annonce d’un cessez-le-feu, les affrontements entre milices armées ont repris vendredi 18 juillet autour de l’aéroport de Tripoli. "L’aéroport a de nouveau été la cible de tirs de mortiers qui ont notamment touché le bureau de sécurité de l’aéroport, sans faire de victimes", a indiqué al-Jilani al-Dahech, un responsable de la sécurité du site, affirmant que les membres des services de sécurité avaient riposté à l’attaque.

L’aéroport de Tripoli est fermé depuis dimanche et le début d’une attaque menée par une alliance de milices islamistes. Leur objectif : chasser des brigades de Zenten (une ville à 170 km au sud-ouest de Tripoli) de l’aéroport qu’elles contrôlent depuis 2011, comme plusieurs autres sites militaires et civils du sud de la capitale. Ces combats s’inscrivent dans le cadre d’une lutte d’influence politique entre libéraux et islamistes, mais aussi régionale, entre les villes rivales de Zenten et de Misrata (200 km à l’est de Tripoli).

Des milices incontrôlables

Farouches rivaux des Zentanis, considérés comme le bras armé du courant libéral, les Misratis avaient jusqu’ici affiché une neutralité relative dans le conflit. Jeudi, ils ont ouvertement annoncé leur soutien aux milices islamistes, faisant notamment venir des forces de Misrata.

La reprise des combats vendredi intervient quelques heures seulement après l’annonce, par la mairie de Tripoli, d’un accord de cessez-le-feu entre ces milices. L’accord consistait en un cessez-le-feu autour de l’aéroport et la remise du contrôle de l’installation à une force neutre.

Alors que les Misratis avaient confirmé le cessez-le-feu, leurs alliés de la "Cellule des opérations des révolutionnaires de Libye", la milice islamiste qui a revendiqué l’attaque contre l’aéroport, a indiqué dans un communiqué qu’elle "renforçait sa participation dans les opérations militaires contre les Zentanis", sans aucune référence à l’accord. Cette déclaration illustre l’indiscipline de ces milices incontrôlables, qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

En attente des résultats des législatives

Des tirs et des explosions ont par ailleurs été entendus vendredi autour du quartier d’Abou Slim, situé à une quinzaine de kilomètres au nord de l’aéroport. Selon des habitants du quartier, des combats ont opposé des ex-rebelles de Zenten et une milice islamiste rivale.

Depuis le déclenchement des hostilités dimanche, des dizaines de roquettes ont été tirées sur l’aéroport, endommageant plusieurs installations ainsi que plus d’une dizaine d’avions libyens. Ces combats ont ravivé les craintes d’un conflit plus large à Tripoli, alors que le pays attend toujours la proclamation des résultats des législatives du 25 juin. Selon des observateurs, le courant libéral aurait remporté plus de sièges que les islamistes, qui tentent de gagner militairement en influence après avoir perdu dans les élections.

(Avec AFP)