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Nigeria : la Banque centrale dévalue le naira

| Par Jeune Afrique
Le naira a perdu environ 8 % de sa valeur face au dollar américain en un trimestre. DR

Le naira a perdu environ 8 % de sa valeur face au dollar américain en un trimestre. DR ©

La Banque centrale du Nigeria a modifié la parité du naira avec le dollar américain. Cette dévaluation intervient alors que le pays subit de plein fouet la baisse des cours du pétrole.

La Banque centrale du Nigeria a baissé le 25 novembre la parité du naira face à la devise américaine, la faisant passer d’un niveau intermédiaire de 155 nairas à celui de 168 nairas pour un dollar. L’institution responsable de la politique monétaire du pays a également relevé son taux directeur d’un point à 13 % et haussé le taux des réserves obligatoires des banques privées à 20 % contre 15 % auparavant.

Cette décision intervient dans un contexte difficile pour le Nigeria. Le pays d’Afrique de l’Ouest est frappé de plein fouet par la chute des cours du pétrole qui menace non seulement le budget de l’État – qui dépend à 70 % des revenus des hydrocarbures – mais également la valeur de la monnaie nationale.

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Depuis début août, le baril de pétrole a perdu 23 % de sa valeur, passant de 98 dollars environ à 75 dollars fin novembre. Au cours de la même période, le cours du naira n’a cessé de baisser, perdant 8,4 % de sa valeur. Le 24 novembre, un dollar américain valait 177 nairas sur les marchés internationaux (en dépit d’un taux « officiel » de 162 nairas) contre 160 nairas il y a quatre mois. 

Les interventions vigoureuses de la Banque centrale pour enrayer la chute de la monnaie nationale n’ont eu qu’un effet mitigé, malgré les 3 milliards de dollars injectés en six semaines sur le marché des changes.

Change et changements

La monnaie nigériane, le naira, obéit à un régime de change lié. Dans ce système mixte, les autorités monétaires fixent une parité entre la monnaie locale et une devise internationale donnée (ou un panier de devises) et déterminent une « bande de fluctuation », c’est à dire les valeurs supérieure et inférieure entre lesquelles le taux de change peut évoluer librement.

Dans sa décision du 25 novembre, la Banque centrale Nigeria a adopté une bande de fluctuation plus large de 160-176 nairas pour un dollar US contre 150-160 auparavant.

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Consommation

La dévaluation devenait donc urgente, non seulement pour mieux aligner le taux de change officiel avec celui pratiqué sur le marché interbancaire, mais aussi pour éviter la déplétion des réserves du pays – qui ont chuté de 40,7 milliards de dollars mi-septembre à 36,75 milliards de dollars fin octobre.

Il s’agit également de protéger les consommateurs nigérians dont le pouvoir d’achat était sérieusement menacé par la dégringolade du naira, alors que 80 % des produits consommés dans le pays sont importés.

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