Société

Somalie : une députée somalienne abattue par les shebab à Mogadiscio

Une députée somalienne a été tuée mercredi par les insurgés islamistes shebab à Mogadiscio. Elle est la quatrième parlementaire abattue depuis le début de l’année.

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Mis à jour le 23 juillet 2014 à 15:54

Saado Cali Warsame, députée somalienne et chanteuse de renom. © Capture d’écran Youtube / MarkaStars

Mise à jour le 23 juillet à 18h25.

Une députée somalienne et chanteuse de renom, Saado Cali Warsame, a été abattue, mercredi 23 juillet, à Mogadiscio, en même temps que son chauffeur, par les insurgés islamistes shebab. Des tireurs en voiture ont ouvert le feu sur le véhicule la transportant, dans un quartier du sud de la capitale.

Après avoir revendiqué l’assassinat, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont affirmé l’avoir tuée uniquement en raison de sa position. "Qu’elle chantait ou non n’est pas notre problème, a déclaré le porte-parole militaire du groupe, Abdulaziz Abu Musab. Tous les députés sont condamnés à mort à moins qu’ils n’abandonnent leur mandat." Il a ajouté que les shebab avaient l’intention de tuer tous les autres députés et responsables du gouvernement à chaque fois qu’ils en auraient l’opportunité.

"Tous les parlementaires sont des cibles"

Les islamistes shebab, qui avaient été chassés de la capitale en août 2011, avaient déjà menacé, en avril, de tuer un par un tous les députés somaliens, accusés d’être des "mécréants servant les intérêts de l’étranger".

"Tous [les parlementaires] sont des cibles des moudjahidines et seront tués un par un", avait affirmé Abdulaziz Abu Musab, suite à l’assassinat de deux parlementaires en 24 heures. Cet assassinat d’un député est le quatrième depuis le début de l’année.

> > Lire aussi : Somalie : attaque meurtrière des Shebab contre le palais présidentiel

La députée Sado Ali Warsame avait été investie en août 2012 au sein d’une chambre désignée par un collège de chefs coutumiers. Elle était une chanteuse et parolière réputée en Somalie depuis les années 1970 pour des chansons qui mettaient l’accent sur la justice sociale et politique. Ses critiques virulentes du régime autoritaire de Siad Barre lui ont valu d’être emprisonnée à deux reprises à cette époque. Après la chute de ce dernier en 1991, qui avait précipité le pays dans le chaos et la guerre civile entre clans, elle s’était fait la voix de l’unité du pays.

Chassés de Mogadiscio puis de l’essentiel de leurs bastions depuis 2011, les shebab, qui contrôlent toujours de larges zones rurales, ont multiplié récemment les attaques contre les institutions somaliennes. Le palais présidentiel a été attaqué début juillet et en février, et le Parlement a été également ciblé. Ils ont aussi revendiqué une série d’attaques meurtrières dans des pays voisins engagés en Somalie au sein de la force africaine Amisom, ciblant surtout le Kenya.

(Avec AFP)