Politique

Centrafrique : scepticisme à Bangui après l’accord de Brazzaville

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Mis à jour le 25 juillet 2014 à 11:14

L’accord de cessation des hostilités signé mercredi à Brazzaville sera-t-il appliqué ? En Centrafrique, ils sont peu à y croire.

Première étape pour ramener la paix en Centrafrique, l’accord trouvé à Brazzaville mercredi 23 juillet a été accueillie à Bangui avec un certain scepticisme. "Que peut apporter ce fameux accord de cessez-le-feu sur le terrain, dès lors que l’ex-Séléka continue de massacrer et que les balaka le font aussi? Sangaris et Misca, à quoi servez-vous sur la terre centrafricaine?", interpelle jeudi le quotidien de Bangui, l’Agora.

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"C’est uniquement pour sauver la face du président congolais et médiateur de la crise centrafricaine Denis Sassou-Nguesso que malgré elle, contrainte et forcée, la Séléka a été obligée de co-signer le fameux accord de cessation des hostilités", estime le site internet Centrafrique-Presse.

"Dès lors, poursuit Centrafrique-Presse, quelles sont les chances qu’un accord signé dans de telles conditions soit mis en œuvre et respecté une fois tout ce beau monde revenu au bercail ? Quasiment nulles!".

L’autre question soulevée dans la presse est celle des concessions et promesses faites aux uns et aux autres pour qu’ils signent cet accord. "Vers une immunité pour les ténors de la Séléka?", s’interroge ainsi le quotidien Le démocrate.

Une option dénoncée par les ONG de droits de l’homme, notamment Human Rights Watch, qui, rappelant dans un communiqué les "milliers de victimes" du conflit, affirme que "l’amnistie pour les principaux responsables de crimes contre l’humanité et autres crimes odieux n’est tout simplement pas une option".

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Le coordonnateur anti-balaka Patrice-Edouard Ngaissona, et le numéro 3 de la Séléka, Mohamed-Moussa Dhaffane, signataires de l’accord et désireux d’entrer au gouvernement, se sont déclarés très confiants mercredi à Brazzaville sur le respect de leur engagement.

Il semble probable que soit annoncé bientôt un nouveau gouvernement élargi, exigé récemment au sommet de l’Union africaine de Malabo à la présidente Catherine Samba Panza par les "parrains" voisins de la RCA, le Tchad et le Congo.

(Avec AFP)