Défense

Libye : l’incendie d’immenses réservoirs de carburant menace Tripoli

| Par Jeune Afrique
Le réservoir de carburant en feu, près de Tripoli, le 28 juillet 2014.

Le réservoir de carburant en feu, près de Tripoli, le 28 juillet 2014. © AFP

Un tir de roquette a provoqué dimanche l’incendie de vastes réservoirs de carburant près de Tripoli. Le gouvernement évoque une situation « très dangereuse », les flammes menaçant de grands réservoirs de gaz ménager qui pourraient exploser.

Mis à jour à 16h30.

Touché par un tir de roquette, un immense réservoir de 6 millions de litres de carburant a pris feu dimanche 27 juillet sur la route de l’aéroport de Tripoli. Les autorités libyennes ont rapidement appelé les habitants des environs à quitter la zone, par crainte d’une "explosion de grande ampleur". Lundi, en début d’après-midi, un deuxième réservoir était dévoré par les flammes et les pompiers déployés sur place ne parvenaient pas à maîtriser l’incendie.

Dans un communiqué, le gouvernement libyen a annoncé que la situation devenait "très dangereuse" et a mis en garde contre "une catastrophe humaine et environnementale". Il a aussi demandé une aide internationale, "plusieurs pays" ayant déjà annoncé "leur disposition à envoyer des avions".

"Les sapeurs-pompiers ont tenté durant des heures de venir à bout du feu, en vain. Finalement, ils ont épuisé leurs réserves d’eau et ont quitté les lieux", a déclaré Mohamed al-Hrari, porte-parole de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC), soulignant qu’il restait "l’option d’une intervention aérienne."

Risque d’explosion de gaz

Les deux réservoirs se situent sur la route de l’aéroport, où se déroulent depuis plus de deux semaines des combats entre milices rivales qui ont fait plus de 97 morts et 400 blessés. Lundi, premier jour de la fête musulmane du Fitr qui marque la fin du ramadan, des explosions étaient toujours entendues, alors que le pays est en proie à de graves violences.

À la mi-journée, une épaisse colonne de fumée noire s’élevait au dessus du site, à une dizaine de kilomètres de Tripoli. "Le danger le plus important serait une propagation des flammes aux réservoirs de gaz ménager, stockés sur le même site", a indiqué Mohamed al-Hrari, porte-parole de la Compagnie nationale de pétrole (NOC). Une grande explosion risquerait alors de se produire et provoquerait des dégâts sur un rayon de 3 à 5 km.

Pays extrêmement riche en pétrole, la Libye fait cependant face depuis plusieurs jours une pénurie de carburant, les stations services étant fermée à cause de l’insécurité qui règne dans le pays.

Les étrangers sur le départ

Le gouvernement libyen a appelé de nouveau vendredi à l’arrêt des combats, mettant en garde contre l’effondrement de l’État. Plusieurs pays européens, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont enjoint leurs ressortissants à quitter la Libye. Les États-Unis, dont l’ambassade est située sur la route de l’aéroport, ont évacué leur personnel diplomatique samedi par voie terrestre, protégés par une couverture aérienne. Certains pays, comme l’Italie ou Malte, ont affrété des avions pour évacuer leurs ressortissants. Plusieurs expatriés travaillant pour des compagnies occidentales ont également été évacués par la route, via la Tunisie voisine.

Ces départs risquent de paralyser davantage le pays. Le ministère de la Santé a déjà mis en garde contre une pénurie en personnel médical, notamment après l’annonce des Philippines de l’évacuation de leurs ressortissants, dont 3 000 médecins et infirmiers.

(Avec AFP)

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