Politique

Gaza : les bombardements israéliens redoublent d’intensité

| Par Jeune Afrique
Un bâtiment en feu dans le port de Gaza après des frappes israéliennes.

Un bâtiment en feu dans le port de Gaza après des frappes israéliennes. © AFP

Les bombardements de l’armée israélienne sur la bande de Gaza se sont renforcés dans la nuit de lundi à mardi. Les désaccords restent profonds sur les termes d’un accord durable entre Israël et le Hamas, malgré les appels à négocier de la communauté internationale.

Même pendant l’Aïd, pas répit sur la bande de Gaza. La célébration de la fête du Fitr, qui marquait la fin du ramadan lundi, s’est déroulée dans un calme sinistre pour les 1,8 million d’habitants de Gaza. « C’est l’Aïd du sang », a résumé Abir Chamali en caressant la terre fraîche qui recouvre le corps de son fils de 16 ans tué jeudi près de Gaza. Mais l’accalmie n’a pas duré et le conflit entre Israël et le Hamas a connu, dans la nuit de lundi 28 à mardi 29 juillet, un regain de violence avec des bombardements nocturnes incessants dans l’enclave palestinienne.

« Au nom de l’humanité, la violence doit s’arrêter », avait pourtant exhorté lundi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, tandis que les principaux dirigeants occidentaux, dont Barack Obama, ont affirmé leur volonté « d’augmenter » la « pression » pour parvenir à un cessez-le-feu. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a promis lundi « une longue campagne » contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont Israël entend annihiler la puissance de feu. Selon un sondage rendu public par la radio militaire, 85,6% des Israéliens sont hostiles à un arrêt des combats. Et de fait, les bombardements et les tirs d’artillerie israéliens se succédaient mardi matin sur l’ensemble de la bande de Gaza, faisant 26 morts, dont au moins 9 femmes et 4 enfants depuis minuit (21h00 GMT).

La maison du dirigeant du Hamas à Gaza bombardée

L’aviation israélienne a notamment bombardé la maison vide d’Ismaïl Haniyeh, le dirigeant du Hamas à Gaza, qui se trouve dans le camp de réfugiés de Chati, au nord-ouest de Gaza, a affirmé mardi son fils. Il a ajouté qu’il n’y avait pas eu de blessés dans l’attaque.

Les locaux de la télévision et de la radio du Hamas ont été aussi pris pour cible par l’armée dans la ville de Gaza, perturbant les émissions du principal média local. Une dizaine de roquettes ont aussi été tirées mardi matin sur Israël, dont deux qui se sont écrasées près de Rishon LeZion, à 10 kilomètres au sud de Tel-Aviv, où les sirènes ont retenti. Des tirs revendiqués par la branche armée du Hamas.

Les pertes de l’armée israélienne ont été très lourdes lundi, avec la mort de dix soldats en moins de 24 heures.

Les pertes de l’armée israélienne ont été très lourdes lundi, avec la mort de dix soldats en moins de 24 heures : quatre soldats tués par des tirs de mortiers palestiniens sur le sud d’Israël, cinq dans des combats avec un commando qui s’était infiltré par un tunnel à Nahal Oz, du côté israélien de la frontière, ainsi qu’un soldat, tombé lundi au combat dans le sud de la bande de Gaza. Ces attaques ont été revendiquées par le Hamas.

Selon les secours locaux, l’offensive israélienne a fait quelque 1 113 morts palestiniens – plus des trois-quarts étant des civils selon l’ONU – et plus de 6 200 blessés dans la bande de Gaza, où les destructions sont considérables. Côté israélien, trois civils et 53 soldats ont été tués depuis le début du conflit. Dans le camp de réfugiés de Chati, huit enfants et deux adultes sont morts lundi. Israël et le Hamas se sont renvoyé la responsabilité de ce énième drame d’une guerre déclenchée le 8 juillet. Selon des témoins, des chasseurs F-16 israéliens ont lancé 5 missiles sur un groupe d’enfants. L’armée israélienne, elle, affirme qu’il s’agit de tirs de roquettes ratés par le camp adverse.

Un bébé sauvé par césarienne du ventre de sa mère décédée

Selon l’Unicef, au moins 230 enfants – 152 garçons et 78 filles âgées de trois mois à 17 ans – ont été tués dans les bombardements israéliens à Gaza entre le début de la campagne militaire israélienne le 8 juillet et le 28 juillet. Vendredi dernier à Gaza, des docteurs gazaouis ont cependant réussi l’exploit de sauver la vie d’un nouveau-né, après avoir retiré le minuscule corps du ventre de sa mère, décédée une heure plus tôt sous les décombres de sa maison bombardée par l’armée israélienne.

Sur le front diplomatique, à New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU, réunis en urgence, avaient exprimé avant la reprise massive des hostilités lundi, leur « fort soutien à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions » réclamé par Barack Obama. Cette déclaration unanime a été fraîchement accueillie. Le représentant palestinien à l’ONU Ryad Mansour a regretté que le Conseil n’ait pas appelé à la levée du blocus imposé depuis 2006 à Gaza, tandis qu’Israël jugeait qu’il n’avait pas pris en compte les impératifs de sécurité d’Israël.

Mahmoud Abbas bientôt au Caire

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui semble essayer de reprendre la main sur les négociations en vue d’un cessez-le-feu, après un passage dimanche par l’Arabie saoudite, devrait se rendre « très bientôt » au Caire à la tête d’une délégation de son mouvement le Fatah, du Hamas et du Jihad islamique, pour discuter d’un arrêt des combats.

Même si une très hypothétique trêve devait être finalement arrachée, sur le fond, les désaccords resteraient profonds sur les termes d’un accord durable. Appuyé sur le fort soutien de son opinion publique, Israël entend finir de « neutraliser » les souterrains creusés à Gaza pour dissimuler des armes et lancer des attaques en territoire israélien.

Le secrétaire d’État John Kerry a répété lundi que toute résolution du conflit « durable et significative, doit mener au désarmement du Hamas », qui contrôle la bande de Gaza. De son côté, le Hamas exige un retrait israélien de Gaza et une levée du blocus de l’enclave dont il a pris le contrôle en 2007, deux ans après que l’armée israélienne s’en était unilatéralement retiré.

(Avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

3098_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte