Santé

Ebola : le Liberia ferme partiellement ses frontières, le Nigeria en alerte

Le 24 juillet 2014 à l'hôpital ELWA de Monrovia au Liberia. © AFP

Une partie des frontières du Liberia vont être fermées afin d'essayer de juguler l'épidémie d'Ebola, la plus meurtrière depuis la découverte du virus. La présidente Ellen Johnson Sirleaf a également annoncé lundi le renforcement du dispositif de surveillance sanitaire dans le pays.

Le virus Ebola, plus meurtrier que jamais, contraint les autorités des pays ouest-africains les plus touchés à prendre des mesures préventives. Le Liberia a annoncé, lundi 28 juillet, la fermeture d’une partie de ses frontières pour tenter d’enrayer la propagation de l’épidémie.

Cette épidémie, en cours depuis le début de l’année, s’est déclarée en Guinée avant d’affecter le Liberia puis la Sierra Leone, trois pays voisins qui, au 23 juillet, totalisaient 1 201 cas dont 672 mortels, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Sur ce total, d’après l’OMS, 249 cas dont 129 mortels ont été signalés au Liberia. Ce week-end, une ONG humanitaire américaine a annoncé y avoir placé en quarantaine deux Américains, dont un médecin, engagés dans la lutte contre l’épidémie et qui y ont été contaminés.

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Sept des quinze provinces du pays sont affectées, a indiqué dimanche la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf. Pour tenter de stopper la propagation de l’épidémie, "toutes les frontières du Liberia seront fermées à l’exception des principaux points d’entrée" dans cet État, qui a aussi pour voisin la Côte d’Ivoire et dont les régions sud sont bordées par l’océan Atlantique.

Le dispositif de surveillance sanitaire renforcé

Les points d’entrée qui ne sont pas concernés par la mesure de fermeture sont l’aéroport international Roberts de Monrovia, l’aéroport James Spriggs Payne (de moindre importance, à Monrovia), et trois importants postes d’accès terrestres aux frontières avec la Guinée et la Sierra Leone.

En outre, selon Ellen Johnson Sirleaf, le dispositif de surveillance sanitaire sera renforcé, avec des tests de dépistage de l’Ebola obligatoire avant de quitter le Liberia ou d’y entrer. Les rassemblements publics sont également interdits jusqu’à nouvel ordre, y compris les manifestations politiques, et les communautés affectées seront mises en quarantaine.

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d’animaux infectés. La fièvre qu’il provoque se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l’homme et il n’y a pas de vaccin homologué contre elle.

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Mais "plus vite [un malade] est pris en charge par les équipes soignantes, plus il a de chances de s’en sortir", a souligné Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS.

La Sierra Leone, le nouvel épicentre de l’épidémie

En Guinée, selon le bilan de l’OMS, 427 cas dont 319 mortels avaient été comptabilisés au 23 juin. Mais dans ce pays, "la situation s’est stabilisée dans certaines régions", a estimé la semaine dernière l’organisation Médecins sans frontières (MSF), très active en Afrique de l’Ouest dans la lutte contre l’épidémie.

Les plus fortes appréhensions des acteurs de la lutte concernent actuellement la Sierra Leone qui, selon MSF, est devenue "le nouvel épicentre de l’épidémie". Au 23 juillet, il y était dénombré 525 cas dont 224 mortels, en grande partie dans des localités de l’est du pays. Motif supplémentaire d’inquiétude, la capitale, Freetown, auparavant épargnée, a enregistré son premier cas confirmé d’Ebola la semaine dernière : une femme de 32 ans qui avait été admise à l’hôpital et en a été retirée de force par ses parents et est décédée samedi. D’après les autorités, son domicile et tous ceux qui y résident ont été placés en quarantaine pour 21 jours.

Ports et aéroports nigérians en alerte

Mais à Freetown, beaucoup de résidents disent craindre que le virus ne se soit déjà propagé dans la ville et ont commencé à changer leurs habitudes pour réduire les risques de contamination.

"On se serre moins les mains, des rassemblements publics ont été annulés, des restaurants ont installé des solutions chlorées. Et dans les établissements funéraires, on manipule désormais les corps avec beaucoup de prudence", selon un responsable de l’un d’eux qui avoue : "Avec le virus Ebola, nous sommes stressés".

Autre développement très inquiétant, l’annonce par le Nigeria du premier cas confirmé d’Ebola sur son sol, un Libérien décédé de fièvre Ebola à Lagos.

> > Lire aussi : Nigeria : un premier cas mortel d’Ebola à Lagos

Le pays a indiqué samedi avoir placé tous ses ports et aéroports en alerte. La principale compagnie aérienne nigériane Arik a suspendu ses liaisons avec le Liberia et la Sierra Leone en raison de l’épidémie d’Ebola.

(Avec AFP)

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