Politique

Burundi : Amnesty dénonce la « hausse de la violence politique » contre l’opposition

| Par Jeune Afrique
Pierre Nkurunziza, président du Burundi, le 2 avril 2014 à Bruxelles.

Pierre Nkurunziza, président du Burundi, le 2 avril 2014 à Bruxelles. © AFP

L’élection présidentielle de juin 2015 approche alors que les « actes d’intimidation, de harcèlement et de violence » contre l’opposition se multiplient au Burundi, dénonce Amnesty International dans un rapport publié mardi.

L’ONG américaine Amnesty International évoque, dans un rapport publié mardi 29 juillet, une « campagne incessante d’intimidation » menée par le parti au pouvoir au Burundi contre l’opposition et les voix critiques.

« La répression orchestrée par le gouvernement contre la liberté d’expression et de réunion pacifique a de graves répercussions sur les droits humains dans la perspective des élections de l’an prochain », a estimé Tom Gibson, chercheur sur le Burundi à Amnesty.

Le président Pierre Nkurunziza semble décidé à briguer un troisième mandat, bien que la Constitution l’en empêche, selon ses opposants. À l’approche des élections générales de 2015, la communauté internationale s’inquiète d’une montée des tensions sur fond de violences politiques et d’entraves aux libertés, dans ce pays sorti en 2006 de 13 ans de guerre civile.

 

Liberté d’expression menacée

« Les partis d’opposition et la société civile se voient interdire d’organiser des réunions publiques ou des manifestations », dénonce Amnesty, affirmant qu’une loi sur la presse et un projet législatif sur les associations non lucratives « font peser une menace supplémentaire sur la liberté d’expression et de rassemblement pacifique ».

La justice a condamné en mars dernier 21 militants d’un parti d’opposition à la perpétuité et 24 à cinq et dix ans de prison pour « insurrection », après de violents affrontements avec la police qui avait empêché un rassemblement. De son côté, Pierre-Claver Mbonimpa, le président de la principale organisation de défense des droits de l’homme du Burundi est écroué depuis mai pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

>> Lire aussi : Lorsque Pierre-Claver Mbonimpa est emprisonné, tous les Burundais sont en danger (tribune)

« Hausse de la violence politique »

Amnesty s’inquiète « d’une nette hausse de la violence politique » attribuée aux Imbonerakure, les membres de la ligue de jeunesse du CNDD-FDD – parti au pouvoir du président Nkurunziza -, dont les agissements ont déjà été dénoncés par l’ONU, des diplomates et des ONG.

« Les Imbonerakure entretiennent des liens étroits avec les services de sécurité et se rendent responsables d’atteintes aux droits humains, en toute impunité », notamment « des actes d’intimidation, de harcèlement et de violence », parfois mortelle, contre l’opposition, accuse Tom Gibson.

>> Lire aussi : Distribue-t-on des armes aux jeunes du CNDD-FDD ?

Un responsable onsusien estime à environ 20 000 le nombre d’Imbonerakure. Une note confidentielle de l’ONU, publiée dans les médias locaux, a fait état récemment de distribution d’armes aux Imbonerakure par le pouvoir, qui a fermement démenti.

(Avec AFP)

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