Culture

Nadine Gordimer l’Africaine

Mis à jour le 22 juillet 2014 à 16:45

Décédée à l’âge de 90 ans le 13 juillet, la Prix Nobel de littérature aura été une militante antiapartheid de la première heure. Elle laisse une oeuvre magistrale, mémoire de l’Afrique du Sud contemporaine, que saluent dans nos colonnes trois écrivains et intellectuels de renom : Romuald Fonkua, Dany Laferrière, Achille Mbembe.

Une détermination à toute épreuve et une énergie inépuisable débordant d’un corps frêle et gracile ; une écrivaine hors norme et une militante de la première heure… Depuis l’annonce de son décès, les hommages à la Sud-Africaine Nadine Gordimer se sont multipliés. La première et unique Africaine à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1991, aura été de toutes les luttes contre l’apartheid et, plus largement, contre les inégalités et les discriminations.

Femme de lettres, femme de combats, Nadine Gordimer aura été les deux à la fois sans jamais avoir à choisir. Au point qu’il est impossible d’évoquer son oeuvre littéraire sans revenir sur son engagement. Cependant, l’auteure de 15 romans, de nombreux essais et critiques et de plus de 200 nouvelles traduites dans une trentaine de langues prenait soin de préciser : "J’ai été passionnément engagée dans la lutte antiapartheid, mais je défie quiconque de trouver de la propagande dans l’un de mes 22 livres."

>> Nadine Gordimer : disparition d’une voyante… par Romuald Fonkua

>> Nadine Gordimer, celle qui tient tête… par Dany Laferrière, de l’Académie française

>> Nadine Gordimer, un si long chemin… par Achille Mbembe

 

Viscéralement attachée à sa terre natale, Nadine Gordimer aura toujours refusé de s’exiler malgré les pressions et la censure. "Je n’ai jamais oublié ce que Jean-Paul Sartre a dit : "Quand vous allez en exil, vous perdez votre place dans le monde." Quelques-uns de mes meilleurs amis et camarades ont dû s’exiler ou passer plusieurs années en prison. Cela a eu un terrible effet sur eux. Certains ont dépéri là-bas et n’ont plus jamais écrit", confiait-elle en 2009 à Paris Match.

Nadine Gordimer se définissait comme une "Africaine blanche" : "Par mon combat, j’ai gagné le droit de faire partie de ce pays." Nul ne songera à le lui enlever. La dame de fer des lettres sud-africaines aura toujours écrit, sans relâche. Son style est à son image, incisif et élégant. Ses textes recèlent une finesse psychologique d’une très grande acuité. Au final, c’est l’universalité de la condition humaine qu’elle aura excellé à disséquer.

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